Russie: Les survivants de la prise d'otages de Beslan commémorent
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RussieLes survivants de la prise d'otages de Beslan commémorent

Une centaine de personnes se sont rassemblées mardi matin à Beslan pour commémorer le début de la prise d'otages il y a cinq ans d'une école par un commando pro-tchétcène.

Les combats qui avaient éclaté après l'intervention de l'armée avaient fait plus de 330 morts.

Survivants et proches de victimes, des fleurs à la main, se sont réunis devant les ruines de l'école numéro un qui avait été le théâtre du drame. Pour la plupart d'entre eux, les autorités russes n'ont toujours pas tiré les leçons de la tragédie.

«Il y a cinq ans, après Beslan, nous pensions que le monde devait changer», a déclaré Valentina Ostani, accompagnée de son fils et de son neveu.

«Mais des années plus tard, nous voyons que rien n'a changé. Nous avons toujours peur d'envoyer nos enfants à l'école parce qu'il y a des actes terroristes de plus en plus horribles et sournois tous les jours dans le Caucase du Nord», ajoute-t-elle.

1000 otages

Le 1er septembre 2004, le jour de la rentrée des classes, un commando qui réclamait la fin de la guerre en Tchétchénie, a retenu plus de 1000 personnes dans le gymnase de l'école no1 trois jours durant, jusqu'à ce que les forces de l'ordre donnent l'assaut.

Les combats avaient fait 332 morts, dont 186 enfants. Aucune enquête indépendante n'a jusque-là fait la lumière sur les circonstances de la prise d'otages et de l'intervention policière, bâclée selon de nombreux témoins.

Si cette prise d'otage et son issue sanglante ont marqué le début d'une série de victoires de Moscou contre les séparatistes -avec notamment la mort en 2006 de son organisateur, le redoutable chef de guerre Chamil Bassaïev- l'insurrection qui mine le Caucase russe semble connaître un second souffle depuis quelques mois.

Mardi encore, un attentat suicide, le huitième en trois mois, a fait un mort, un agent des douanes, et treize blessés au Daguestan. Depuis juin, pas moins de 259 personnes sont mortes dans le Caucase russe, dont 109 policiers et militaires et 110 insurgés présumés, selon un décompte de l'AFP.

Pas de cérémonie en Russie

Les cérémonies mardi à Beslan ont débuté au son des cloches de l'école à 09h15, heure exacte du début du drame. Taïmouraz Mamsourov, le président d'Ossétie du Nord, dont les deux enfants ont survécu à la prise d'otages, a participé à la cérémonie.

L'organisation 'La voix de Beslan', qui regroupe les familles des victimes, va organiser une veillée devant l'école pendant trois jours. Mais ailleurs en Russie, aucune commémoration n'était prévue. Le président russe Dmitri Medvedev n'a fait aucune mention de la tragédie dans une déclaration sur la rentrée des classes, qui a traditionnellement lieu le 1er septembre en Russie.

A Beslan, en souvenir des victimes, les écoliers ne retourneront dans leurs classes que samedi. Les journaux russes n'évoquaient guère le sujet mardi: seuls le quotidien économique Vedomosti et le journal indépendant Vremya Novosteï sont revenus sur cet anniversaire, soulignant que Moscou n'a toujours pas réussi à éradiquer la rébellion dans ses républiques caucasiennes.

Cette région a été le théâtre de violences répétées depuis la chute de l'URSS, avec notamment deux guerres en Tchétchénie, et la Russie a connu plusieurs vagues d'attentats organisées par des militants séparatistes caucasiens et des islamistes.

(ats)

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