Genève: Les syndicats aussi dégraissent dans la douleur
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GenèveLes syndicats aussi dégraissent dans la douleur

D'anciens employés de syndicats s'insurgent contre leurs ex-patrons. Ils estiment avoir été floués par des promesses non tenues.

par
Didier Tischler

«J'ai été licenciée sans aucune raison à la fin de mon congé maternité, témoigne Chantal*. Pendant mon absence, pourtant, je recevais souvent des appels d'encouragement de ma responsable, qui se réjouissait de mon retour.»

La jeune femme travaillait au secrétariat d'un organisme de mesure du marché du travail. L'organisme en question est sous la responsabilité de la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), qui regroupe l'ensemble des syndicats genevois. La remplaçante temporaire de Chantal, elle, a vu son temps de travail passer de 100% à 50% lors de l'absence de la titulaire. «Et en plus, à deux mois de ma retraite, précise-t-elle. On m'avait pourtant promis que je resterais à plein temps.»

Face à ces méthodes, l'un de leurs collègues a alerté un responsable de la CGAS. Devant l'absence de réaction, il a déposé une plainte à l'Inspection du travail. «Résultat, j'ai été viré au 31 janvier, au retour d'un congé maladie», regrette-t-il. «Je trouve étonnant qu'un syndicat s'engage autant pour une employée licenciée de Manor et pas pour ses propres collaborateurs», ironise-t-il.

«Le financement de ce type d'organismes dépend de l'Office cantonal de l'emploi, précise Hervé Pichelin, président de la CGAS. Nous avons dû nous restructurer, fusionner entre deux organismes et diminuer ainsi le temps de travail de quelques-uns de nos employés. Certains ont accepté, d'autres ont refusé.»

* Prénom d'emprunt

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