Genève: Les syndicats de police suspendent leur grève
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GenèveLes syndicats de police suspendent leur grève

Un accord a été trouvé ce mercredi entre le Conseil d'Etat et les syndicats des inspecteurs et de gendarmes. Des négociations vont débuter.

par
Jérôme Faas
Les inspecteurs de police judiciaire vivaient très mal, notamment, leur déclassement de classe 15 en classe 14.

Les inspecteurs de police judiciaire vivaient très mal, notamment, leur déclassement de classe 15 en classe 14.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Le syndicat de la police judiciaire (SPJ) et le syndicat des gendarmes (UPCP), réunis ce mercredi soir lors de deux assemblées générales distinctes, ont décidé de suspendre leur préavis de grève pour jeudi. Leur décision découle directement des séances lors desquelles ils ont rencontré, mardi et mercredi, le conseiller d'Etat Pierre Maudet, chargé de la Sécurité, et son homologue Mauro Poggia, appelé comme médiateur. Les syndicats ont annoncé avoir gelé toutes les mesures de lutte prises jusqu'à présent, après avoir obtenu du Conseil d'Etat l'ouverture de négociations sur quatre points.

Quatre points litigieux

«Lors de nos rencontres avec Pierre Maudet et Mauro Poggia, quatre points litigieux ont été abordés, explique Frédéric Mulmann, membre du comité du SPJ: le déclassement salarial des inspecteurs, le règlement supprimant les débours, les 170 procédures disciplinaires visant les collègues qui ne s'étaient pas rendus à la formation continue romande à Chamblon et la directive du Département de la sécurité sur les droits syndicaux, qui devait entrer en vigueur le 1er mai.»

Le gel des mesures qui fâchent

Le SPJ et l'UPCP ont obtenu le gel de toutes ces mesures qui avaient suscité la colère des policiers. Le Conseil d'Etat le leur a confirmé par écrit. Le déclassement salarial, le nouveau règlement sur les débours, la directive sur les droits syndicaux et les procédures disciplinaires sont suspendues jusqu'au terme des négociations qui vont maintenant s'ouvrir. «Enfin», dit le SPJ. Il est prévu que le conseiller d'Etat Mauro Poggia y participe.

«Un climat positif»

«Les discussions se sont très bien passées, avec beaucoup de respect, décrit Frédéric Mulmann. Le climat était positif, et orienté vers le futur.» Le SPJ refuse pour autant de parler de succès. «La négociation démarre maintenant. Nous sommes motivés à trouver un terrain d'entente. Mais le succès, ce sera si on parvient à un accord», commente Daniel Weissenberg, vice-président du SPJ.

Cercueil évité de justesse

Le syndicat UPCP, qui s'est réuni après le SPJ, a décidé comme lui de ne pas faire grève. Il a précisé qu'il renonçait aussi à manifester devant le Département de la sécurité (DSE), où il était prévu que ses membres déposent leurs médailles de police dans un cercueil. L'UPCP indique que "le Conseil d'Etat a accepté de geler toutes les décisions qui avaient été prises unilatéralement par le DSE". Il se dit enfin "satisfait de l'apaisement et de la bonne volonté de toutes les parties de travailler dans des conditions de paix sociale".

Pierre Maudet "satisfait"

Le conseiller d'Etat Pierre Maudet a réagi via sa porte-parole. Il s'est dit «satisfait que les syndicats acceptent une négociation globale, demande fondamentale et de longue date du Département». Depuis l'automne, l'élu et les policiers s'accusaient de refuser la négociation. Aux mesures vexatoires répondaient celles de lutte syndicale, dans une escalade sans fin, jusqu'à l'irruption du Conseil d'Etat.

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