Actualisé 14.01.2014 à 12:39

Votations fédérales

Les syndicats s'opposent à l'initiative de l'UDC

Une initiative contraire aux intérêts des salariés, qui entraînera «plus de dumping salarial et de travail au noir»: les organisations syndicales suisses appellent le peuple à rejeter le texte sur l'immigration soumis au vote le 9 février prochain.

Les mesures d'accompagnement, qui protègent les salaires et les conditions de travail suisses, disparaîtraient en même temps que la libre circulation des personnes, que l'UDC veut renégocier. Ceci ne ferait que renforcer le dumping salarial et le travail au noir, a indiqué mardi dans un communiqué Vania Alleva, coprésidente d'Unia.

Les organisations syndicales en appellent au contraire au renforcement des mesures d'accompagnement, à la multiplication des contrôles et au durcissement des amendes en cas d'abus. Les problèmes du marché du travail suisse seraient ainsi causés par des employeurs «sans scrupules», et non par une immigration trop forte.

Contre la préférence nationale

L'Union syndicale suisse (USS) s'élève contre «l'établissement d'une discrimination», par la voix de son président Paul Rechsteiner. L'initiative propose en effet de donner la priorité aux travailleurs suisses. Des contingents seraient ainsi imposés à la totalité des personnes étrangères, citoyens de l'UE et «indigènes» nés en Suisse compris, constituant une «privation de droits collective» aux yeux du président de l'USS.

L'UDC souhaite rétablir le système des contingents. Pourtant, même avec des contingents, l'immigration des années 60 ou 90 a été en pourcentage plus forte que ces dernières années, rappelle l'organisation faîtière Travail.Suisse.

Unia compare pour sa part ce système à une «forme d'apartheid», non seulement «inhumain et discriminatoire», mais également «mauvais» pour l'économie. De plus, ce système conduirait inévitablement à une politique des bas salaires encouragée par l'Etat, notamment dans les branches structurellement plus faibles comme l'agriculture, la construction et l'hôtellerie-restauration.

L'immigration est nécessaire

Les migrants ont contribué à la prospérité de la Suisse, insistent les organisations syndicales. Sans eux, des hôtels, des chantiers ou des hôpitaux pourraient fermer.

Ils représentent même une nécessité dans le domaine de la santé par exemple, où les étrangers constituent entre 30 à 50% des travailleurs, souligne encore l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI).

Le texte de l'UDC serait pour l'instant rejeté avec 55% de «non», selon le sondage dévoilé par la SSR la semaine passée. (ats)

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