Coronavirus: Les syndicats s'opposent aux activités non urgentes
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CoronavirusLes syndicats s'opposent aux activités non urgentes

Le Conseil fédéral a discuté mercredi de mesures supplémentaires visant à atténuer les conséquences économiques de l'épidémie.

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Le gouvernement tessinois a prolongé vendredi de deux semaines les mesures de lutte contre le coronavirus. (Vendredi 3 avril 2020)

Le gouvernement tessinois a prolongé vendredi de deux semaines les mesures de lutte contre le coronavirus. (Vendredi 3 avril 2020)

Keystone
Le canton de Vaud a tenu vendredi à rassurer les apprentis et les gymnasiens. Les notes sont suspendues, la quantité de travail adaptée au contexte et de nouveaux outils numériques d'enseignement déployés. (Vendredi 3 avril 2020)

Le canton de Vaud a tenu vendredi à rassurer les apprentis et les gymnasiens. Les notes sont suspendues, la quantité de travail adaptée au contexte et de nouveaux outils numériques d'enseignement déployés. (Vendredi 3 avril 2020)

Keystone
Face à la crise du coronavirus, le géant Novartis et l'entreprise pharmaceutique Mepha Suisse fournissent de la chloroquine gratuite aux hôpitaux suisses. (Vendredi 3 avril 2020)

Face à la crise du coronavirus, le géant Novartis et l'entreprise pharmaceutique Mepha Suisse fournissent de la chloroquine gratuite aux hôpitaux suisses. (Vendredi 3 avril 2020)

Keystone

Il faut arrêter toutes les activités de production et de service qui ne sont pas socialement nécessaires et urgentes. Les syndicalistes de Suisse romande ont lancé mercredi un appel au Conseil fédéral à cause du coronavirus. Les cantons de Genève et Vaud vont fermer certains chantiers, tandis que la Société suisse des entrepreneurs conseille d'examiner chaque cas individuellement.

«Nos vies valent plus que leurs profits», justifient les signataires de l'appel. Pour combattre la propagation du virus et réduire le nombre de décès à venir, il ne suffit pas de fermer bistrots, salons de coiffure et cinémas, estiment les syndicalistes romands du Syndicat des services publics (SSP) et d'Unia.

A quoi bon interdire l'accès aux parcs publics si des centaines de milliers de salariés doivent travailler les uns aux côtés des autres sur les chantiers, dans des entreprises industrielles, voire même dans des bureaux. Tous ceux qui accomplissent des activités non socialement nécessaires et urgentes devraient bénéficier d'un congé extraordinaire payé jusqu'à la fin de la situation d'urgence sanitaire.

Le congé ne devrait être déduit ni d'éventuelles heures supplémentaires à récupérer, ni de jours de congé à prendre. Les syndicalistes exigent encore que les mesures adaptées de protection des salariés, y compris des contrôles réels de leur application, soient mises en place dans toutes les entreprises et services en activité.

Licenciements interdits

Les syndicalistes réclament par ailleurs l'interdiction des licenciements pour cause d'arrêt ou de réduction de la production, ainsi que la prolongation des indemnités de chômage.

Pour financer ces mesures, il y a le chômage partiel. Mais les syndicalistes évoquent aussi une «contribution de solidarité» qui pourrait être demandée aux grands patrons et actionnaires.

Une aide pour les freelances

Les freelances et les indépendants qui travaillent dans la branche des médias et dans le domaine créatif devraient également bénéficier d'un soutien, estime Syndicom. Ces branches sont directement touchées par la crise du coronavirus qui a entraîné l'annulation de moult mandats.

Elles sont en outre à peine couvertes par les assurances sociales. Le syndicat a donc lancé jusqu'à jeudi un sondage auprès des personnes concernées pour qu'elles indiquent leur manque à gagner. Syndicom estime qu'en l'état, les mesures de soutien prévues par la Confédération ne sont pas efficaces et s'avèrent insuffisantes pour ces travailleurs. La Confédération et les cantons doivent faire plus.

Réponse vendredi

Le Conseil fédéral a discuté mercredi de mesures supplémentaires visant à atténuer les conséquences économiques de l'épidémie. Les décisions seront prises et communiquées vendredi lors de la séance du gouvernement, a indiqué sur Twitter le porte-parole du Conseil fédéral André Simonazzi.

Vendredi dernier, le gouvernement avait annoncé une enveloppe de dix milliards de francs pour des mesures immédiates. Certaines de ces mesures doivent encore être élaborées ou précisées.

Le canton de Vaud, qui met quant à lui 150 millions sur la table, a décidé d'utiliser toute la marge de manoeuvre que lui laissent les dispositions fédérales. Il a adopté un arrêté qui stoppe dès mercredi 18h les chantiers et les productions industrielles lorsque les mesures sanitaires de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) ne peuvent pas être garanties. Les corps de police effectueront des contrôles.

La Fédération vaudoise des entrepreneurs et Unia avaient adressé une lettre en ce sens au Conseil d'Etat vaudois, exigeant l'arrêt immédiat de certains chantiers.

Le canton de Genève a également ordonné l'arrêt, à partir de vendredi, de tous les chantiers situés sur le territoire cantonal. Des dérogations seront accordées au cas par cas, pour des raisons de sécurité notamment, ou d'un intérêt public prépondérant.

Pas de fermeture généralisée

La Société suisse des entrepreneurs (SSE) estime elle que la fermeture des chantiers à grande échelle n'arrange personne.

Il est très important que les mesures soient considérées au cas par cas. Il y a une différence entre les chantiers à l'intérieur d'un bâtiment, où les travaux sont effectués dans un espace restreint, et les chantiers en plein air où il est tout à fait possible de garder la distance de rigueur, rappelle la SSE dans un communiqué.

Celle-ci recommande que ces mesures soient discutées entre le maître d'ouvrage et les entreprises de construction en tenant compte des circonstances individuelles. (nxp/ats)

Vaud: pour l'arrêt des chantiers de construction

Tous les chantiers et ateliers pour lesquels les mesures de l'OFSP ne peuvent pas être garanties devraient être immédiatement arrêtés. La Fédération vaudoise des entrepreneurs et le syndicat Unia l'ont demandé mercredi par lettre au Conseil d'Etat vaudois.

Toutes les entreprises doivent obtenir rapidement les garanties nécessaires en matière de couverture des salaires et de compensation des pertes, écrivent aussi patrons et syndicats.

Les chantiers restent ouverts, tout en appliquant les règles d'hygiène et de distance sociale en vigueur pour protéger chacun, a confirmé mardi l'Office fédéral de la santé publique. Mais la fédération et le syndicat ont constaté plusieurs situations problématiques.

Les très nombreuses interactions entre les différents corps de métiers sur les chantiers sont propices à la propagation du virus. De nombreux entrepreneurs sont inquiets de la santé de leurs employés et la survie de leur entreprise.

Une partie grandissante du personnel d'exploitation témoigne de sa forte inquiétude tant les mesures sanitaires sont difficiles à respecter au quotidien sur un chantier ou dans un atelier de construction. En outre, plusieurs fournisseurs renoncent à approvisionner les chantiers après les décisions prises par le Conseil fédéral et le Conseil d'Etat vaudois lundi.

Seuls les services de piquet et les interventions d'urgence devraient être maintenus. Les entreprises du secteur de la construction dont l'activité sera mise à l'arrêt devraient bénéficier des mesures de soutien financier prévues pour d'autres secteurs d'activité. Le syndicat et les entrepreneurs sont prêts à ouvrir la discussion pour obtenir les meilleures solutions acceptables par tous.'

(NewsXpress)

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