Actualisé 19.01.2010 à 22:32

Démission de Claude Béglé

Les syndicats saluent «le retour au service public»

Pour les employés de La Poste, la démission de Claude Béglé est un soulagement, note Transfair. Il s'agit désormais de rétablir la sérénité, demande Fritz Gurtner, du Syndicat de la Communication.

Les syndicats attendaient en effet avec impatience le retrait du président du conseil d'administration.

La balle est dans le camp du groupe de travail du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC), a déclaré mardi Fritz Gurtner. La mission est claire: «Le retour au service public».

Pour Transfair, le bien des collaborateurs du géant jaune est à mettre au premier plan: la situation fâcheuse en particulier pour les employés au contact des clients prend fin, se réjouit Peter Heiri de Transfair.

Pour rendre les événements transparents et permettre un bon départ, un nouveau conseil d'administration qui fonctionne bien est nécessaire le plus rapidement possible, relève Peter Heiri. Et d'exiger: «Il faut le renouveler».

Chronologie

Dès la démission du chef de La Poste Michel Kunz fin 2009, les critiques ont commencé à pleuvoir sur le président du conseil d'administration de l'ex-régie Claude Béglé, éclaboussant le ministre de tutelle Moritz Leuenberger. Quelques repères.

Claude Béglé a une longue carrière internationale avant d'être nommé à la tête du conseil d'administration de La Poste suisse. Après avoir travaillé au CICR, chez Nestlé et chez Philip Morris, le Vaudois se tourne en 1997 vers le secteur de la poste et de la logistique: il travaille d'abord pour le hollandais TNT Express Worldwide, puis dès 1999 auprès de la poste française avant de passer à la poste allemande en octobre 2005.

Début 2007, Claude Béglé se voit confier des projets spéciaux à la poste allemande. Son supérieur d'alors Peter Kruse dira plus tard que M. Béglé avait été écarté pour cause de conflit de loyauté.

En fonction depuis avril 2009

Le 25 juin 2008, le Conseil fédéral nomme Claude Béglé à la présidence du conseil d'administration de La Poste suisse. Ce dernier est favorable à une stratégie d'expansion à l'étranger. Le 15 décembre 2008, Michel Kunz est nommé directeur de La Poste en remplacement d'Ulrich Gygi. On parle alors déjà d'une rivalité. Les deux prennent leurs nouvelles fonctions en avril 2009.

Claude Béglé plaide en faveur d'une licence bancaire pour La Poste, mais le Conseil fédéral, contre l'avis de Moritz Leuenberger, refuse. Face à la libéralisation du marché postal visée par le Conseil fédéral, Claude Béglé craint une chute des bénéfices. Début décembre, Michel Kunz parle d'une taxe sur le courrier, pour créer de nouvelles rentrées dans le secteur des lettres. Il est désavoué par MM. Béglé et Leuenberger.

Le début de la fin

Le 14 décembre, Michel Kunz tire sa révérence, le directeur de PostFinance Jürg Bucher assure le relais. M. Kunz voulait surtout économiser, alors que M. Béglé misait sur une expansion à l'étranger pour engranger de nouvelles recettes. «La Poste suisse doit devenir comme Nestlé», avait expliqué Claude Béglé plus tard dans les médias.

Puis les événements se précipitent. Le 22 décembre, le membre du conseil d'administration Rudolf Hug se retire en raison de divergences avec Claude Béglé. Le 5 janvier dernier, Wolfgang Werlé se retire également du conseil d'administration. Les critiques fusent du côté des syndicats et des politiciens. Le ministre de tutelle Moritz Leuenberger soutient Claude Béglé, mais demande aussi le retour au calme.

Le 7 janvier, M. Leuenberger demande toutefois à son secrétaire général Hans Werder et au directeur de l'Administration des finances Peter Siegenthaler d'examiner ces départs et d'évaluer le renouvellement du conseil d'administration. Le 11 janvier encore, Moritz Leuenberger défend le processus de recrutement de Claude Béglé devant la commission des télécommunications du Conseil des Etats. (ats)

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