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24.09.2020 à 19:10

GUIDE AUTO «20 MINUTES»Les tablettes, aussi dangereuses que les téléphones en voiture?

Les tableaux de bord des voitures actuelles sont souvent dotés d’un grand écran qui permet de commander la navigation, le téléphone, le système audio, etc. Qu’est-ce qui différencie l’utilisation (autorisée) de tels écrans de celui (prohibé) de téléphones portables?

de
Olivia Solari
24.9.2020

Question de Peter à l’équipe d’experts de l’UPSA:

Au volant d’une voiture, il est interdit d’utiliser un téléphone ou une tablette. Dans ma voiture, presque tous les boutons ont été remplacés par des options dans le menu. Pour trouver la fonction que je cherche, il faut que je quitte la route des yeux pour me concentrer sur l’écran. Si je sélectionne une autre chanson sur mon smartphone en voiture, je suis sanctionné. Que se passe-t-il si je fais la même chose sur la tablette de ma voiture?

Réponse d’Olivia Solari de l’UPSA:

Cher Peter,

À l’heure actuelle, il y a peu de boutons à commande rapide dans les voitures, surtout dans les plus récentes. De plus en plus de fonctions sont en effet uniquement accessibles depuis le système d’infodivertissement. Comme vous l’avez constaté, il faut faire de plus en plus attention pour les utiliser. Au lieu d’appuyer sur un bouton, il est en effet désormais nécessaire de passer en revue divers menus.

L’utilisation d’appareils techniques en voiture, tels que le système d’infodivertissement et la climatisation, figure parmi les principales causes d’accidents de la route entraînant des blessures graves parce que le conducteur est distrait ou fait preuve d’inattention. Il est évident que de telles actions sont dangereuses pendant la conduite. Le législateur l’a bien compris. L’alinéa 1 de l’article 31 de la loi sur la circulation routière prévoit que: «Le conducteur devra rester constamment maître de son véhicule de façon à pouvoir se conformer aux devoirs de la prudence.» L’alinéa 1 de l’article 3 de l’ordonnance sur les règles de la circulation routière (OCR) explicite le sens de cette stipulation: «Le conducteur veillera en outre à ce que son attention ne soit distraite, notamment, ni par un appareil reproducteur de son ni par un quelconque système d’information ou de communication.» Tapoter sur l’écran en conduisant est donc juridiquement problématique, qu’il s’agisse de celui d’un smartphone ou du système de navigation.

Contrairement à l’utilisation du téléphone en conduisant, aucune amende prédéfinie ne s’applique à celle du système d’infodivertissement. Cela ne signifie toutefois pas que la police n’est pas habilitée à en délivrer. Au contraire, si le fonctionnaire de police présent a l’impression que le conducteur est distrait du fait de l’utilisation du système d’infodivertissement, le conducteur fautif peut être pénalement condamné par le ministère public au lieu de subir la procédure relative aux amendes d’ordre. Le montant de l’amende est à l’appréciation des autorités de poursuite pénale. Des amendes d’au moins 250 francs sont souvent prononcées, sans compter les frais de dossier.

La police ne défère toutefois pas tous les conducteurs qui tapent sur leur écran. Divers facteurs jouent un rôle. La vitesse du véhicule, la visibilité de la circulation ainsi que le type et la durée de la distraction sont en effet particulièrement pertinents. Si vous changez de chanson du bout des doigts sur votre système d’infodivertissement à un feu rouge, vous ne devriez en principe pas être sanctionné, bien que cela reste possible! Il en va autrement sur l’autoroute, où un changement de chanson peut vite coûter très cher. À juste titre, car à 120 km/h, cinq secondes d’inattention correspondent à une distance de 160 mètres parcourue à l’aveugle.

C’est pourquoi je conseille vivement à tous les lecteurs, et donc à vous aussi Peter, de garder les yeux rivés sur la route en conduisant. Il faut saisir la destination avant le départ, et une playlist prédéfinie permet de varier les chansons pendant le trajet.

Bonne route!

L’UPSA est l’association des garagistes suisses. Quelque 4000 entreprises comptant 39’000 collaborateurs au total (dont 9000 jeunes en formation initiale et continue) veillent à ce que nous puissions circuler de manière fiable, sûre et écoefficiente. L’équipe d’experts qui répond à vos questions est composée de: Markus Aegerter (Commerce et Prestations), Olivier Maeder (Formation), Markus Peter (Technique et Environnement) et la juriste de l’UPSA, Olivia Solari (Droit).

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