Moyen-Orient: Les talibans afghans exhortés à négocier
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Moyen-OrientLes talibans afghans exhortés à négocier

Cet appel survient quelques jours seulement après la décision de Washington de retarder le retrait de ses troupes d'Afghanistan.

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif ont tenté de dissiper les malentendus.

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif ont tenté de dissiper les malentendus.

Le président américain Barack Obama a reçu le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif jeudi à la Maison Blanche. L'épineux dossier de l'Afghanistan a largement occupé les discussions des deux hommes d'Etat. Ils ont exhorté les talibans afghans à reprendre les négociations de paix avec Kaboul.

Les deux dirigeants «appellent les chefs talibans à entamer des discussions directes avec Kaboul et à travailler à un accord de paix durable», selon un communiqué commun publié à l'issue de leur rencontre.

Celle-ci survient quelques jours seulement après la décision de Washington de retarder le retrait de ses troupes d'Afghanistan. MM. Sharif et Obama ont également renouvelé leur «résolution commune à promouvoir la paix et la stabilité dans la région et à contrer toute forme d'extrémisme et de terrorisme».

Ils ont réaffirmé leur «engagement pour avancer sur un processus de paix et de réconciliation en Afghanistan entre le gouvernement et les talibans afghans». Le président Obama a salué le fait que le Pakistan ait accueilli une première session de discussions entre Kaboul et les insurgés en juillet 2015, même si elle n'a abouti à aucun accord.

Tensions et méfiance mutuelle

Souriant, le président américain avait plus tôt reçu Nawaz Sharif à la Maison Blanche. Il a mis en avant les «relations de longue date» entre les deux pays.

«Nous travaillons et coopérons sur un grand nombre de sujets, pas seulement des questions de sécurité, mais aussi sur les affaires économiques, scientifiques et liées à l'éducation», a déclaré M. Obama avant leur réunion. Cette bonne entente affichée ne voile toutefois pas les tensions qui marquent des relations assombries par une méfiance mutuelle.

«Les Etats-Unis ont deux objectifs lors de cette visite», a estimé l'analyste politique pakistanais Hassan Askari: «Le premier est de faire pression sur le Pakistan pour qu'il amène les talibans afghans à s'asseoir à la table des négociations, et le second est de persuader le Pakistan de faire cesser les activités des talibans afghans sur son territoire».

Soupçonnée de double jeu

Islamabad, qui fut un temps le principal parrain des talibans afghans, a officiellement changé de camp après les attaques du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis. Il est vu comme le seul pays pouvant réellement influer sur l'échiquier afghan.

Mais des responsables américains voient toujours la main d'Islamabad - régulièrement soupçonnée de double jeu - derrière l'insurrection talibane, y compris celle des puissants services de renseignements (ISI). La visite de quatre jours de M. Sharif sera d'ailleurs suivie de celle du patron de l'Inter-Services Intelligence, Rizwan Akhtar et de celle du chef d'état-major de l'armée, le général Raheel Sharif.

«Les Etats-Unis ont tout simplement perdu patience après tant d'années passées à fournir des armes et de l'argent à l'armée pakistanaise», analyse Michael Kugelman du centre de réflexion Woodrow Wilson Center. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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