Actualisé 27.04.2008 à 09:46

Les talibans attaquent un défilé militaire

Le président afghan Hamid Karzaï est sorti indemne dimanche d'une attaque à la roquette des talibans contre un défilé militaire à Kaboul.

Une personne a perdu la vie et onze autres ont été blessées, a-t-on appris de sources officielles.

Le président Karzaï a été évacué du site «sain et sauf», a précisé un responsable au palais présidentiel. Les talibans ont revendiqué l'attentat, affirmant avoir voulu montrer leur force et niant avoir visé une cible en particulier.

Les membres du gouvernement, des ambassadeurs étrangers, un haut représentant de l'ONU et les responsables militaires dont des officiers américains qui assistaient au défilé se sont jetés au sol ou ont été évacués, et sont tous indemnes.

Tirs et explosions

Un témoin a indiqué à l'AFP que des balles ont ricoché sur la tribune où étaient assis M. Karzaï et les autres dignitaires. Des tirs d'armes automatiques et plusieurs fortes explosions ont été entendus, selon les témoignages recueillis par l'AFP.

Le chef d'une tribu qui se trouvait dans la foule a été tué et onze personnes, dont «deux ou trois parlementaires afghans», ont été blessées, a indiqué le porte-parole du ministère de la défense, le général Mohammad Zahir Azimi, en citant des sources hospitalières.

Hamid Karzaï a annoncé l'arrestation d'une partie des auteurs de l'attentat. «Heureusement les forces de sécurité afghanes les ont rapidement encerclés», a-t-il déclaré à la télévision. «Certains d'entre eux ont été capturés», a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le président afghan a ensuite précisé avoir ordonné aux autorités d'enquêter «avec sérieux et urgence» pour déterminer ce qui s'est passé. «L'armée et la police maintiennent l'ordre dans la ville et la situation est sous contrôle», a-t-il assuré.

Trois talibans tués

L'attaque a été rapidement revendiquée par les talibans qui ont dit avoir perdu trois de leurs combattants. «C'est nous qui avons mené l'attaque. Nous avons lancé des roquettes sur le défilé. Nous avions six des nôtres sur place et trois de nos hommes ont été tués», a indiqué un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahed.

L'attaque s'est produite peu après que M. Karzaï se soit installé en tribune avant la plus grande parade annuelle de l'armée afghane, qui rassemble des milliers de soldats, des chars et des avions. Ses gardes du corps l'ont immédiatement entouré, a rapporté un journaliste de l'AFP, selon lequel les tirs ont continué pendant une quinzaine de minutes.

Le porte-parole des talibans n'a pas précisé les circonstances de la mort des trois insurgés mais le journaliste de l'AFP a observé des échanges de coups de feu apparemment entre militaires et attaquants.

Frapper à leur guise

Le but n'était pas, selon les talibans, d'assassiner le président Karzaï mais de montrer qu'ils peuvent frapper à leur guise. «Nous ne visions pas quelqu'un en particulier. Nous voulions montrer au monde que nous pouvons attaquer partout où nous le voulons», a indiqué Zabihullah Muhajed.

M. Karzaï a échappé à au moins deux tentatives d'assassinat dont l'une en 2002 lorsqu'un garde avait ouvert le feu sur son véhicule à Kandahar (sud) et en 2004, quand un homme avait été arrêté avec une bombe qui lui était destinée.

Les talibans, des musulmans fondamentalistes chassés du pouvoir par une coalition dirigée par les Américains fin 2001, mènent, depuis, une insurrection sanglante contre le pouvoir afghan et les forces internationales qui le soutiennent.

Malgré la présence de 70 000 soldats étrangers, leurs attaques ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans. L'an passé, les combats entre talibans et troupes gouvernementales et étrangères ont fait 8000 morts, en majorité des rebelles.

(ats)

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