Massacre à «Charlie Hebdo»: Les talibans condamnent les caricatures de Mahomet

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Massacre à «Charlie Hebdo»Les talibans condamnent les caricatures de Mahomet

Les talibans afghans ont condamné jeudi la publication de nouvelles caricatures de Mahomet par «Charlie Hebdo» et salué les auteurs de l'attentat islamiste la semaine dernière.

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05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

AFP/Eric Feferberg
...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

AFP/Eric Feferberg
27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

Dans un communiqué mis en ligne jeudi, l'Emirat Islamique d'Afghanistan, nom officiel des talibans afghans, déplore la publication de nouvelles caricatures qui, selon lui, «provoquent les sensibilités de près de 1,5 milliard de musulmans».

«Une attaque a été menée la semaine dernière, faisant justice contre les auteurs de ces actes obscènes», ajoute le communiqué, en faisant référence aux frères Kouachi, les deux islamistes armés qui ont tué 12 personnes lors de l'attaque le 7 janvier contre Charlie Hebdo à Paris. Les deux hommes ont été tués par la suite dans une fusillade avec la police.

La publication mercredi du numéro «des survivants» de Charlie Hebdo, qui doit être tiré à cinq millions d'exemplaires, contient de nouvelles caricatures de Mahomet. «Nous condamnons cet acte répugnant et inhumain, et considérons ses auteurs et ceux qui l'ont perpétré comme les ennemis de l'humanité», poursuit le communiqué.

«Acte de haine»

«Nous appelons le monde, et en particulier les chefs de tous les Etats concernés, à empêcher de tels actes odieux», écrivent encore les talibans dans le communiqué, qui toutefois n'appelle pas les croyants à aller manifester.

«Le monde islamique et non-islamique en entier, les êtres humains, ont la responsabilité de condamner et d'empêcher chaque action qui transgresse les religions, offense les gens et pousse les nations à des actes de représailles», ajoute encore le texte des talibans.

Les caricatures du prophète avaient déjà fait des remous en Afghanistan par le passé. En septembre 2012, entre 200 et 300 personnes avaient marché à Kaboul pour dénoncer la publication par Charlie Hebdo de nouvelles caricatures de Mahomet.

Les talibans n'avaient pas réagi officiellement depuis l'attentat la semaine dernière, qualifié d'attaque «terroriste» et «d'acte de haine» par le président afghan Ashraf Ghani.

Vendredi, après l'attentat à Paris, des centaines de personnes s'étaient réunies dans la province d'Uruzgan (sud) pour glorifier les actes des assaillants. Au Pakistan voisin, à Peshawar, près de la frontière afghane, une soixantaine de personnes ont manifesté cette semaine pour féliciter les auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo.

Insurrection des talibans

D'autres réactions d'indignation ont émaillé le monde musulman où la question de la représentation du prophète demeure sujet à controverse.

Après le départ des troupes de combat de l'Otan le 31 décembre dernier, l'insurrection des talibans se poursuit de façon active contre le pouvoir en place à Kaboul.

Quelques 17'000 soldats étrangers resteront toutefois sur le sol afghan en 2015 pour des missions de formation et d'aide. Mais les talibans, réclament le départ de tous les soldats étrangers comme conditions à d'éventuels négociations de paix avec le pouvoir.

(afp)

«La liberté d'expression n'est pas la liberté d'insulter»

Le Premier ministre islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu a dénoncé jeudi la publication par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo d'une caricature du prophète Mahomet, jugeant que la liberté d'expression n'était pas «la liberté d'insulter».

«La publication de cette caricature est une grave provocation (...) la liberté de la presse ne signifie pas la liberté d'insulter», a déclaré M. Davutoglu à la presse à Ankara avant de prendre l'avion pour une visite à Bruxelles.

«Nous ne pouvons accepter les insultes faites au prophète», a insisté le chef du gouvernement.

A la «une» du premier numéro sorti après la tuerie qui a décimé sa rédaction, Charlie Hebdo a publié mercredi un dessin de Mahomet la larme à l'oeil et tenant une pancarte «Je suis Charlie», le slogan des millions des manifestants qui ont défilé en France et à l'étranger pour condamner les attaques jihadistes qui ont fait 17 morts en trois jours à Paris.

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