Genève: Les taxis font la fine bouche

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GenèveLes taxis font la fine bouche

Les chauffeurs sont censés accepter toutes les courses. Sauf que dans certains secteurs, obtenir une voiture devient de plus en plus difficile.

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«J'ai essayé d'obtenir un taxi en appelant continuellement les trois grandes centrales entre 3h et 5h du matin. Impossible. Aucun chauffeur ne voulait venir.» Marion a tenté par tous les moyens de rentrer chez elle, à Genève, un samedi soir, alors qu'elle avait passé la soirée en France, à Saint-Julien. Elle a fini par trouver la voiture d'une amie, à 6 heures du matin.

«Entre la TVA qui ne cesse d'augmenter et le fait qu'il n'y ait plus que trois douanes ouvertes la nuit, les courses vers la France deviennent difficiles», confirme Patricia Aubert, chauffeuse de taxi.

Une situation qui ne satisfait pas Pierre-François Unger, conseiller d'Etat responsable de l'économie: «Une nouvelle loi plus contraignante obligeant les chauffeurs à prendre toutes les courses» est en gestation, assure-t-il.

Les taximen refusent aussi de s'aventurer dans certains quartiers jugés dangereux. «Des chauffeurs ne vont même plus aux Pâquis, ajoute Patricia Aubert, où il est évident qu'il y a une réelle montée des incivilités.» Pierre Jenni, patron de Taxiphone, tempère: ce quartier est l'un de ceux où «ça bosse le plus la nuit». Il note néanmoins que le nombre d'agressions à l'encontre de ses collègues est passé d'une tous les cinq ans à plusieurs par an dans le canton. Les taxis pourraient bientôt être équipés de caméras leur permettant, en cas d'agression ou altercations avec un client, d'enregistrer la scène.

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