Genève: Les taxis veulent de nouveau bloquer la ville
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GenèveLes taxis veulent de nouveau bloquer la ville

Toujours en colère contre Uber et le Canton, les taxis genevois prévoient de mener une opération escargot dans les rues de Genève la semaine prochaine.

par
Julien Culet
Les chauffeurs de taxis publics avaient déjà roulé au pas au centre de Genève l'été passé.

Les chauffeurs de taxis publics avaient déjà roulé au pas au centre de Genève l'été passé.

photo: Keystone/Salvatore di Nolfi

Les taxis genevois repartent au combat contre Uber et l'Etat de Genève. Ils prévoient d'effectuer de nouvelles actions la semaine prochaine. Le site letemps.ch affirme qu'un débrayage massif aura lieu lundi. Contacté, Salvador Perez, président de la Société coopérative de concessionnaires indépendants de taxis, ne confirme pas la date. Il évoque toutefois une grève suivie d'une opération escargot pour ces prochains jours.

Le trafic devrait être fortement impacté pour la rentrée scolaire. «Nous n'empêcherons pas les gens de circuler, mais c'est sûr qu'il y aura des bouchons, prévient-il. Cette fois-ci, tout le monde est révolté par le laisser-aller des autorités.» Des discussions seraient également en cours avec les taximen français pour qu'ils participent au mouvement. Par ailleurs, des chauffeurs de toute la Suisse convergeront vers Berne le 29 février pour une manifestation commune.

Fronde contre l'Etat

Uber a été déclarée illégale dès son lancement à Genève, en septembre 2014. Le Service du commerce du bout du lac avait interdit toute activité en mars dernier. L'application américaine a ensuite cessé d'employer des taxis publics et privés. Un ajustement jugé suffisant par le Canton mais qui ne l'est pas pour l'avocat des taxis. D'après lui, l'Etat a retourné sa veste. «C'est inadmissible. J'ai vu beaucoup de plaideurs de mauvaise foi mais jamais une autorité cantonale aller aussi loin», dénonce Me Jacques Roulet, qui parle de «connivence». D'après lui, le gouvernement genevois fait preuve de permissivité en attendant une nouvelle loi qui doit libéraliser le marché du taxi.

Sanctions possibles

Les taxis genevois n'ont pas encore demandé d'autorisation pour mener une action la semaine prochaine, indique le Département de la sécurité (DSE). Or, «cette opération peut être considérée comme une manifestation dans la mesure où elle est anticipée et organisée et qu'elle vise une revendication», prévient le DSE. Les participants encourent des sanctions. «La police sera présente et ne manquera pas de sanctionner les comportements fautifs (notamment à la LCR), comme ce fut le cas lors des manifestations passées», explique-t-il. Les taxis avaient fait grève en décembre et avaient déjà mené des opérations escargots l'été dernier.

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