Attentats: Les terroristes de Bamako ont eu des complices
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AttentatsLes terroristes de Bamako ont eu des complices

Les auteurs de l'attaque vendredi d'un grand hôtel de Bamako «ont bénéficié de complicités».

L'attaque au Radisson a fait au moins 22 morts.

Les autorités maliennes ont lancé des avis de recherche concernant un homme et une femme.

Leurs photos ont été diffusées à la télévision publique. Il s'agit des premiers avis de recherche lancés dans le cadre de l'enquête sur cette attaque. «Ils sont suspects, ce sont des individus soupçonnés d'avoir des liens avec les deux terroristes», a-t-on déclaré de source proche du ministère malien de la Sécurité.

«L'enquête avance» et elle permettra de «débusquer rapidement les auteurs (de l'attaque) et les traduire devant la justice», a déclaré de son côté Boubacar Sidiki Samaké, procureur du pôle juridique spécialisé de lutte contre le terrorisme à Bamako. Il s'exprimait devant des journalistes de la presse étrangères sur place dans la nuit de dimanche à lundi.

«Ce qui est évident, c'est qu'ils ont bénéficié de complicités pour venir à l'hôtel» Radisson Blu, «et ils ont bénéficié de complicités pour commettre le forfait», a affirmé M. Samaké. Dans le hall de l'hôtel, les enquêteurs ont mis la main sur une valise contenant des grenades et appartenant aux assaillants, a-t-il indiqué.

Enquêteurs français et onusiens

Selon lui, des spécialistes français en criminalité sont arrivés au Mali pour aider à l'identification des corps. La Mission des Nations unies au Mali (Minusma) participe également à l'enquête.

Le Radisson Blu a été attaqué le 20 novembre au matin par des hommes armés qui y ont retenu quelque 170 clients et employés. Les forces maliennes, appuyées par les forces spéciales françaises et par des agents des Etats-Unis et de la Minusma, sont intervenues et ont «exfiltré» 133 personnes, selon le ministère malien de la Sécurité.

D'après des sources policière et sécuritaire maliennes, l'enquête s'oriente vers «plusieurs pistes», sans certitude sur le nombre et la nationalité des auteurs de l'attaque, revendiquée successivement par deux groupes djihadistes distincts.

Interrogé sur d'éventuelles arrestations, M. Samaké a refusé de se prononcer. Il a indiqué, sans plus de détails, que des perquisitions et «fouilles domiciliaires» ont été effectuées à Bamako dans le cadre de l'enquête. «Je pense que dans les prochains jours vous allez voir, il y aura des choses», a-t-il assuré.

Prudence sur la revendication

M. Samaké a par ailleurs a invité à la prudence concernant les revendications de l'attaque, estimant qu'aucun groupe n'était cependant à écarter.

L'attaque a été revendiquée dès le 20 novembre par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune, de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, «avec la participation» d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Le groupe a affirmé dimanche que les assaillants étaient uniquement au nombre de deux, laissant entendre qu'ils étaient maliens.

Dans un enregistrement en arabe diffusé par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, un porte-parole d'Al-Mourabitoune les a identifiés comme Abdelhakim al-Ansari et Moez al-Ansari, le qualificatif «al-Ansari» désignant dans la terminologie djihadiste des combattants autochtones.

Mais dimanche soir, un autre groupe, le Front de libération du Macina (FLM), a revendiqué cette prise d'otages, «avec la collaboration d'Ansar Dine», un groupe djihadiste du nord du Mali. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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