Actualisé 23.03.2016 à 14:52

Attentats à BruxellesLes terroristes sont venus à l'aéroport en taxi

Les autorités recherchaient activement mardi soir l'un des auteurs présumés des attentats qui ont ensanglanté la capitale belge. Par ailleurs, une fratrie a été identifiée parmi les kamikazes.

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Deux semaines après les attentats meurtriers qui ont visé l'aéroport et le métro de Bruxelles, soixante-six blessés sont toujours hospitalisés, dont trente-sept aux soins intensifs. (Lundi 4 avril 2016)

Deux semaines après les attentats meurtriers qui ont visé l'aéroport et le métro de Bruxelles, soixante-six blessés sont toujours hospitalisés, dont trente-sept aux soins intensifs. (Lundi 4 avril 2016)

Keystone/EPA
Une quarantaine de vols sous haute surveillance sont prévus au départ et à l'arrivée de l'aéroport international de Bruxelles. (Lundi 4 avril 2016)

Une quarantaine de vols sous haute surveillance sont prévus au départ et à l'arrivée de l'aéroport international de Bruxelles. (Lundi 4 avril 2016)

AFP
Un premier avion a décollé à l'aéroport de Bruxelles depuis les attentats, tout un symbole. (Dimanche 3 mars 2016)

Un premier avion a décollé à l'aéroport de Bruxelles depuis les attentats, tout un symbole. (Dimanche 3 mars 2016)

AFP

La police belge a lancé une chasse à l'homme pour retrouver l'un des auteurs présumés des attentats coordonnés qui ont frappé mardi l'aéroport et le métro de Bruxelles, attaques revendiquées par l'Etat islamique qui ont fait une trentaine de morts et plus de 200 blessés.

Retrouvez ici les événements minute par minute à Bruxelles

Ces attentats, qui ont frappé mardi matin à l'heure de pointe une capitale belge jusqu'ici plutôt considérée comme un sanctuaire par les djihadistes , ont donné lieu à des scènes d'horreur et de panique à l'aéroport international et dans le quartier des institutions européennes, réminiscentes des attentats de Madrid en 2004, Londres en 2005 ou Paris en 2015.

Mercredi matin, la RTBF a publié l'identité de deux frères identifiés parmi les kamikazes de l'attentat de l'aéroport de Zaventem. Deux frères, Khalid et Brahim El-Bakraoui, connus des services de police pour grand banditisme mais non pour des faits de terrorisme, ont été identifiés comme les kamikazes de l'aéroport de Bruxelles.

L'un des deux, Khalid, avait loué sous une fausse identité l'habitation du 60 rue du Dries à Forest, où avait éclaté une fusillade avec la police le 15 mars dernier, ajoute la RTBF. Cette fusillade, survenue lors d'une perquisition de routine, avait abouti à la capture de Salah Abdeslam, trois jours plus tard à Molenbeek, autre commune de l'agglomération bruxelloise. La police belge a diffusé mercredi des appels à témoins concernant les deux hommes soupçonnés. Sur son compte twitter, elle pose cette question: «#terrorisme: qui reconnait cet homme ?» et montre trois photos de chacun de ces hommes vêtus de couleur sombre, en plus au moins gros plan, poussant un chariot à bagage.

Un des deux frères aurait également loué, sous une fausse identité, un appartement à Charleroi (sud) d'où sont partis les auteurs des attentats de Paris du 13 novembre juste avant de les commettre.

Ces deux hommes étaient accompagnés par un troisième, portant veste et chemise claires, des lunettes sous un chapeau noir. Un avis de recherche a été lancé mardi pour ce dernier, et une chasse à l'homme lancée.

Bombes dans les valises

Les dirigeants des 28 pays de l'UE ont dénoncé une attaque contre «notre société ouverte et démocratique». «C'est toute l'Europe qui est frappée», a déclaré le président français François Hollande, tandis que le président américain Barack Obama appelait le monde à «s'unir» face au terrorisme.

La Tour Eiffel, le World Trade Center et la porte de Brandebourg se sont mises aux couleurs belges. Et l'image de Tintin en pleurs est devenu le symbole de la Belgique en deuil sur les réseaux sociaux.

Les autorités ont diffusé des images de vidéo-surveillance montrant trois hommes poussant des chariots à bagages, suspects présumés des attentats qui ont frappé vers 07H00 GMT l'aéroport de Bruxelles-Zaventem.

Le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw a déclaré que deux d'entre eux avaient «probablement commis un attentat suicide», et étaient donc probablement morts. Le troisième - portant veste et chemise claires, des lunettes sous un chapeau noir et pour lequel un avis de recherche a été lancé, est «activement recherché», a ajouté le procureur.

Les terroristes n'ont pas laissé le chauffeur manipuler leurs valises

«Ils sont venus en taxi (...), leurs bombes étaient dans les valises. Ils ont mis leurs valises dans des chariots. Les deux premières bombes ont explosé», a indiqué à l'AFP le maire de la commune de Zaventem, Francis Vermeiren. «Le troisième a aussi mis sa valise sur un chariot mais il a dû paniquer, elle n'a pas explosé» a-t-il ajouté. M. Van Leeuw avait précisé plus tôt qu'une troisième bombe n'avait effectivement pas explosé.

La RTBF assure que les images de vidéosurveillance confirment les informations du bourgmestre de la commune. Les présumés terroristes ont transporté leurs bagages, contenant des explosifs, sur des chariots avant de se séparer dans le hall des départs. On y voit également l'un des suspects abandonner son chariot avant de prendre la fuite en courant. Le bagage laissé seul a été neutralisé par les services de déminage.

Autre détail livré par la télévision publique belge, les terroristes n'ont pas laissé le chauffeur de taxi en question manipuler leurs valises lorsqu'il les a laissé au niveau des départs de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem. C'est à la suite des attentats que l'homme a signalé ses comportements suspects à la police, permettant aux enquêteurs de retrouver l'adresse d'un des présumés terroristes.

Le parquet fédéral a précisé que des perquisitions étaient en cours «en plusieurs endroits du pays», notamment dans la commune bruxelloise de Schaerbeek, où ont été découverts un engin explosif et un drapeau de l'EI, selon le parquet. Les opérations se poursuivaient en soirée dans ce quartier.

L'EI revendique

L'Etat islamique a revendiqué officiellement ces attaques, les plus sanglantes jamais commises dans la capitale de la Belgique et de l'Europe, montrant que ses réseaux restent capables de monter des opérations meurtrières.

«Une cellule secrète des soldats du califat (...) s'est élancée en direction de la Belgique croisée», affirme le communiqué, accusant ce pays de n'avoir «cessé de combattre l'islam et les musulmans».

Ces attentats surviennent quatre jours après la capture à Bruxelles du Français Salah Abdeslam, seul survivant parmi les commandos des attentats du 13 novembre à Paris (130 morts), qui est incarcéré à Bruges avant son transfèrement demandé par la France. Un de ses complices présumés, Najim Laachraoui, est recherché par les polices française et belge. Le procureur fédéral a cependant souligné qu'«il était encore trop tôt pour établir un lien avec les attentats de Paris».

Tôt mardi matin

Selon des témoins, tout a commencé mardi à Zaventem vers 08H00 (07H00 GMT) avec des tirs entendus dans le hall des départs de l'aéroport, près des comptoirs d'enregistrement, juste avant qu'un homme ne lance des cris en arabe et que deux explosions retentissent.

«Un monsieur a crié en arabe (...) quelques mots et j'ai entendu une grosse déflagration», a témoigné Alphonse Lyoura, employé de la sécurité des bagages. C'était «une panique générale» et «beaucoup de personnes ont perdu des jambes», a déclaré à l'AFP un homme qui se trouvait à cinq mètres de l'explosion qui a éventré l'aérogare.

Explosion dans le métro

Une heure après ces attaques, qui ont fait 14 morts et 96 blessés selon les pompiers, un second attentat soufflait une rame de métro à la station Maelbeek, toute proche des institutions européennes. Il a fait «entre 15 et 20 morts» et une centaine de blessés, selon les pompiers. Une photo de la chaîne publique RTBF montrait une rame éventrée, sièges déchiquetés et parois calcinées.

Un rescapé interrogé par la radio Bel-RTL a expliqué que son wagon avait été évacué par le conducteur dans le noir et que les voyageurs avaient marché dans le tunnel en file indienne avant de sortir à la station suivante, complètement enfumée.

«J'ai entendu des gens crier +Sortez, sortez+, des gens couraient», a raconté à l'AFP un homme d'affaires qui a voulu garder l'anonymat. «Dehors, j'ai vu des gens assis, du sang sur le visage... De la fumée sortait du métro».

«Nous redoutions un attentat et c'est arrivé», a réagi le Premier ministre Charles Michel, évoquant un «moment noir» pour le pays. Il s'est rendu dans la soirée place de la Bourse, devenue le lieu de recueillement des Bruxellois, venus par centaines déposer fleurs et bougies.

«Ce 22 mars ne sera plus jamais une journée comme les autres», a déclaré à la télévision le roi des Belges, Philippe. Le gouvernement belge a décrété un deuil national de trois jours.

Multiples nationalités

En attendant un bilan définitif, on savait simplement que de multiples nationalités avaient été touchées, avec parmi les blessés quatre Américains, deux Britanniques et huit Français.

L'alerte antiterroriste a été relevée dans toute la Belgique au niveau 4, son niveau maximal, et l'aéroport de Bruxelles restera fermé mercredi. La sécurité autour des institutions européennes à Bruxelles et Strasbourg, ainsi qu'autour des centrales nucléaires belges, a été renforcée.

Tous les transports en commun bruxellois ont été suspendus plusieurs heures, ainsi que les trains internationaux Thalys et Eurostar, même si la situation revenait progressivement à la normale en soirée.

La sécurité a été renforcée dans les grands aéroports européens et américains. La France a annoncé 1600 policiers et gendarmes supplémentaires, aux frontières et dans les transports, et son Premier ministre, Manuel Valls, était attendu mercredi à Bruxelles. Au Royaume-Uni, la police renforçait sa présence «dans les endroits névralgiques».

(nxp/20 minutes/afp)

Londres «déconseille» Bruxelles à ses ressortissants

Londres «déconseille» à ses ressortissants de se rendre à Bruxelles, a annoncé le ministère des Affaires étrangères mardi. «Les autorités belges déconseillent actuellement tout voyage à Bruxelles. Nous vous conseillons de suivre les instructions des autorités de sécurité belges», a indiqué le Foreign Office.

Cet avis, très inhabituel concernant un autre pays européen, actualise la précédente recommandation, diffusée peu après les attentats, qui appelait seulement à la «vigilance, à »se tenir à l'écart de la foule« et à »éviter les transports publics«.

Le porte-parole du Premier ministre David Cameron a d'abord indiqué que Londres déconseillait tout voyage »sauf raison impérative«. Le Foreign Office a ensuite émis un avis déconseillant de se rendre à Bruxelles.

Dans la soirée, le ministère a par ailleurs indiqué que deux Britanniques avaient été blessés dans les attentats qui ont fait plus de 30 morts à Bruxelles. Londres a également annoncé l'envoi d'une équipe d'enquêteurs pour assister les autorités belges.

Paris affiche sa «solidarité» et mettra ses drapeaux en berne

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en silence mardi soir devant l'Hôtel de Ville de Paris pour «montrer leur solidarité» après les attentats de Bruxelles, tandis que la Tour Eiffel s'illuminait aux couleurs de la Belgique. «Quand Paris a été attaqué, des gens se sont mobilisés dans le monde entier, on est venu faire la même chose», témoigne Bernard, 66 ans, venu avec son épouse sur le parvis de l'Hôtel de Ville, également pavoisé de noir-jaune-rouge.

Peu après les attentats de Bruxelles, la maire de Paris Anne Hidalgo avait invité les habitants de la capitale française à ce «rassemblement silencieux».

Le président François Hollande a décidé de son côté que les drapeaux seraient mis en berne jusqu'à vendredi en France en hommage aux victimes de Bruxelles.

(NewsXpress)

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