Agriculture - Les Tessinois appelés à l’aide contre le scarabée japonais
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Agriculture Les Tessinois appelés à l’aide contre le scarabée japonais

Ce ravageur attaque des cultures au Tessin. Un projet de science citoyenne compte sur l’appui de la population tessinoise pour les localiser, afin de contenir leur propagation.

Le scarabée japonais possède un bouclier d’un vert métallique brillant, cinq touffes de soie blanche à gauche et à droite et deux autres sur l’abdomen. 

Le scarabée japonais possède un bouclier d’un vert métallique brillant, cinq touffes de soie blanche à gauche et à droite et deux autres sur l’abdomen.

Mauro Jermini, Agroscope

Les premiers scarabées japonais ont été piégés au Tessin en 2017 et les premiers dégâts ont été observés en 2020. Afin d’intensifier la lutte contre ce ravageur, Agroscope lance un outil novateur. Celui-ci permet à la population tessinoise de signaler la présence de scarabées et de contribuer ainsi à surveiller sa diffusion et la contenir. Les Tessinois sont ainsi appelés à photographier les scarabées japonais observés et à télécharger les photos sur la plateforme.

Pour lutter de manière efficace contre ce ravageur, il est essentiel d’identifier sa présence à temps car une fois établi, le scarabée est difficile à éradiquer. La lutte contre les adultes - qui causent la majorité des dégâts – est presque impossible. Leur signalisation permettra de détecter les lieux de ponte dans le sol cet automne et ainsi d’éliminer les larves par des mesures de lutte biologiques.

Comment le reconnaître?

Le scarabée japonais mesure huit à douze millimètres de long et ressemble beaucoup au hanneton horticole. Mais il s’en différencie par trois signes distinctifs: un bouclier vert métallique brillant bien visible, cinq touffes de poils blancs de chaque côté de l’abdomen et deux touffes supplémentaires sur le dernier segment abdominal. En juin, les adultes émergent et commencent aussitôt à s’accoupler et à se nourrir. La période de vol principale dure de juin à septembre avec un pic en juillet. C’est pour cette raison que c’est à cette période qu’ils sont le plus facilement visibles.

À l’âge adulte, les scarabées japonais causent des dommages en se nourrissant des feuilles, fleurs et fruits de nombreuses espèces végétales. Parmi les plantes cultivées en Suisse, ils peuvent attaquer la vigne, les baies – fraise, mûre, framboise, myrtille –, les fruits à noyau, le pommier, le maïs et le soja. Ils touchent aussi des espèces ligneuses comme l’érable, le bouleau, le hêtre, le chêne, le tilleul, le peuplier ou le saule. Au Tessin, on a observé jusqu’à présent surtout des dégâts sur la vigne.

Les néobiotes progressent

Le terme néobiote désigne des organismes exotiques introduits dans l’espace européen, où ils n’étaient auparavant pas indigènes – volontairement, accidentellement ou parce que les conditions de vie dans notre pays se sont adaptées à celles des néobiotes en raison du changement climatique. Étant donné que les néobiotes viennent souvent du sud, le Tessin est particulièrement touché. Ils sont considérés comme «envahissants» lorsque leur capacité d’expansion risque de causer des dommages écologiques, sociaux ou économiques.

Les néobiotes sont de plus en plus nombreux en Suisse, sous l’effet conjugué notamment de la globalisation des échanges commerciaux et du changement climatique. Au vu des dommages considérables qu’ils peuvent causer dans les cultures, une lutte coordonnée et ciblée est indispensable à l’échelle nationale. C’est l’une des missions de la station d’essais d’Agroscope à Cadenazzo dans le Tessin et de ses partenaires.

(comm/pmi)

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