Chine: Les Tibétains boycottent le Nouvel An
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ChineLes Tibétains boycottent le Nouvel An

Pas de Nouvel An chinois pour les Tibétains.

En raison de la répression sanglante du mouvement démocratique, les Tibétains boycottent les cérémonies officielles organisées par la Chine qui ont débuté mercredi.

Dans l'ouest de la Chine, le monastère de Labrang, à Xhiahe, ville où la population est moitié chinoise moitié tibétaine dans la province de Gansu, le monastère est quasiment vide de pèlerins. «Il n'y a pas de fête du Nouvel an pour nous», explique une habitante, sous couvert de l'anonymat.

Le mouvement de protestation déclenché après la répression sanglante des manifestations de Lhassa en mars dernier a été le plus important depuis des dizaines d'années.

Les régions à population tibétaine de l'ouest chinois, Tibet inclus, sont quasiment totalement interdites aux étrangers et journalistes, mais selon les groupes tibétains, de nombreuses cérémonies religieuses et autres festivités ont été annulées.

Autre facteur de tension, le mois prochain a lieu le 50ème anniversaire de l'échec du soulèvement contre la Chine, en 1959, qui se solda notamment par la fuite et l'exil du Dalai lama. Une date que Pékin veut commémorer comme le «jour de l'abolition de la servitude», ce qui rend les Tibétains furieux.

Le Dalai lama a qualifié de «provocations» les célébrations du Nouvel an tibétain organisées par Pékin et appelé les Tibétains à s'abstenir de réjouissances. «Ce nouvel an n'est certainement pas une période où nous pouvons avoir la gaité et les célébrations habituelles», a déclaré le chef en exil des Tibétains dans un message.

Interrogé par téléphone, Fu Jun, porte-parole du parti communiste chinois à Lhassa a dit ne «pas voir de signe d'un boycot» et que «tout le monde fait normalement la fête».

Mais de leur côté, les organisations tibétaines évoquaient une sécurité renforcée à l'occasion du Nouvel an. «Le gouvernement chinois inonde le Tibet de soldats et cherche à forcer les Tibétains à célébrer le Nouvel an contre leur gré», déclarait par courriel Lhadon Tethong, directeur exécutif d'Etudiants pour un Tibet Libre. (ap)

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