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Temps printanier«Les tiques sont de nouveau actives»

Les températures plus douces et l'arrivée imminente du printemps incitent les gens à profiter d'activités en plein air. Mais gare aux tiques, pour qui le terrain est favorable. Quelques conseils pour s'en protéger.

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F.Dubler/cam
Keystone/Patrick Pleul

La dernière vague de froid a bien marqué les esprits. Mais depuis quelques jours, les thermomètres affichent de nouveau des valeurs positives et un avant-goût de printemps se fait sentir. Ce qui pousse les gens à se rendre à l'extérieur, et augmente par conséquent le risque de morsures par des tiques.

Car en dépit des températures glaciales enregistrées récemment, la plus grande partie de ces acariens a survécu, explique Werner Tischhauser, de l'Institut pour l'environnement et les ressources naturelles de la Haute école de sciences appliquées de Zurich (ZHAW). Et dès que les températures dépassent 7 degrés, les tiques redeviennent actives et partent à la recherche de proies pour assurer leur croissance.

Un pic des cas d'encéphalites à tiques

Statistiquement, c'est entre mars et juillet que l'on enregistre le plus grand nombre de morsures de tiques. Les grosses chaleurs estivales ayant plutôt tendance à faire baisser le nombre de cas signalés. Raison pour laquelle il est important, dès maintenant, de prendre les précautions qui s'imposent, notamment lors de balades en forêt, ou dans des lieux où la végétation est importante. Les tiques attendent souvent au bout d'herbes, de branches ou de feuilles l'arrivée d'une «victime» à sang chaud pour s'y accrocher et rapidement trouver un endroit propice pour s'ancrer dans la peau.

L'humain doit particulièrement se méfier des nymphes (soit le stade de vie entre la larve et la tique adulte) et qui semblent être responsables de la plupart des transmissions. Sur les animaux, ce sont davantage les acariens adultes qui s'y installent. Lors d'une morsure, ces parasites transmettent des agents pathogènes, qui peuvent déclencher des maladies comme la borréliose (maladie de Lyme) ou la méningo-encéphalite.

Pour cette dernière maladie, l'office fédéral de la santé publique a enregistré l'an dernier 273 cas (soit un nombre record depuis 1988). 24'000 visites chez le médecin ont été effectuées en lien avec les tiques. Enfin, les cas de borréliose se sont montés à 9000 en 2017.

Danger en plein-air

Grâce à l'app de prévention développée par son institut, Werner Tischhauser constate également cette croissance. «Toujours plus de cas sont enregistrés tout comme le nombre de personnes traitées en lien avec des morsures de tiques» La raison, selon le chercheur, ne serait toutefois pas une augmentation du nombre de tiques.

La faute en reviendrait plutôt aux humains et à leur comportement. «Beaucoup portent des habits courts dans des lieux pourtant très prisés par les tiques. Que ce soit lors d'une activité sportive, d'un pique-nique ou de grillades.» Dans ces cas, le danger d'une morsure est élevé.

Des habits adéquats peuvent protéger

C'est pourquoi Werner Tischhauser recommande de toujours bien se protéger. «Des habits qui couvrent le corps, des chaussures fermées ainsi qu'une casquette ou un chapeau réduisent le risque. Les enfants sont souvent mordus à la tête ou dans le cou», précise le chercheur.

En outre, contre l'encéphalite à tiques, il existe la possibilité de se faire vacciner, rajoute Tischhauser. Les sprays contre les insectes peuvent aussi se montrer utiles, mais leur efficacité est directement liée aux odeurs corporelles. Si les tiques sont fortement attirées par une odeur, le spray n'aura qu'une efficacité réduite.

Dans tous les cas, Tischhauser conseille vivement de bien s'ausculter après une sortie en plein-air durant la belle saison, afin de repérer au plus vite la présence éventuelle d'une tique et de pouvoir ainsi la retirer avec une pince.

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