Euro 2016: Les tops et les flops de la Suisse contre les Bleus
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Euro 2016Les tops et les flops de la Suisse contre les Bleus

Dans l'enchaînement de la qualification pour les 8es de finale de l'Euro en tant que 2e de groupe, les compliments ont fusé pour la Nati. Mérités?

par
Oliver Dufour
Granit Xhaka (à gauche) a largement fait oublier le Gökhan Inler des belles années dans l'entre-jeu helvétique.

Granit Xhaka (à gauche) a largement fait oublier le Gökhan Inler des belles années dans l'entre-jeu helvétique.

photo: Keystone/Andy Rain

De l'aveu de Vladimir Petkovic, sélectionneur national, l'objectif minimal a été rempli dimanche soir. La Nati a assuré sa qualification pour les huitièmes de finale du tournoi, en évitant de surcroît de passer «à la raclette», repêchée parmi les meilleurs troisièmes de groupe. Samedi prochain, à Saint-Etienne (15h), elle poursuivra donc l'aventure face à un adversaire qui reste à déterminer entre l'Allemagne, la Pologne et éventuellement l'Irlande du Nord. Voilà déjà des perspectives réjouissantes pour le clan helvétique.

Les tops

Yann Sommer

A force de performances solides, le gardien bâlois du Borussia Mönchenglabach finira par les faire passer pour ordinaires. Depuis le début de l'Euro de la Nati, il a été le plus constant, tirant les siens de mauvais pas à plusieurs reprises dans des moments-clés. Dimanche, il a encore répondu présent face au pays hôte. Notamment à la 13e minute, lorsqu'il a détourné un violent tir croisé signé Pogba. Il a également été sauvé par ses montants à deux reprises, mais un vieux cliché ne dit-il pas que «les grands gardiens ont de la chance»? Elu homme du match, le cerbère a arrêté avec grande dextérité les quatre tirs cadrés tricolores qui lui ont été adressés – ainsi que deux autres essais hors cadre – pour rendre une copie parfaite. Euphorique, il a été séduit par la performance de «sa» Nati. «Nous avons livré un grand match», a-t-il d'ailleurs lâché après le match. Dans son cas, en tout cas, c'est vrai.

Granit Xhaka

La future recrue d'Arsenal a encore une fois été le véritable métronome de l'équipe de Vladimir Petkovic. En «l'absence» d'un Xherdan Shaqiri qui se cherchait toujours sur la pelouse de Pierre-Mauroy, le «Xhakanoviste» a touché tous les ballons, ou presque, en 93 minutes passées sur le terrain. Il a largement apporté sa contribution au fait que la Nati a contrôlé le cuir 58% du temps, compliquant passablement la tâche des gars de Didier Deschamps. Au chapitre statistique, c'est surtout l'onglet «passes» qui retient l'attention concernant le roc helvétique. Granit Xhaka en a réussi 95 sur les 100 qu'il a tentées. On regrettera simplement pour la Nati qu'aucune n'ait véritablement apporté de solution à ses attaquants. L'homme a également remporté 11 de ses 19 duels, dont 3 sur 4 dans les airs. Il a également réussi 4 de ses 7 tacles tentés.

La défense

Le succès dans une compétition se construit avant tout depuis l'arrière. Dans ce domaine, l'équipe de Suisse s'est nettement améliorée par rapport à ses deux premières sorties, au cours desquelles elle avait été plusieurs fois déboussolée face à des adversaires réputés moins redoutables que la France. Contre les Bleus, l'arrière-garde a parfaitement joué son rôle d'empêcheuse de tourner en rond pour le vivier offensif de Didier Deschamps. La preuve? Elle n'a pas encaissé de but. Certes, les seules occasions de but de la partie ont été l'œuvre du «onze» tricolore, qui a même deux fois frappé les montants de la cage de Sommer, mais la Nati ne fera pas la fine bouche, n'oubliant pas que lors de la dernière confrontation entre les deux pays, à la dernière Coupe du monde au Brésil, elle avait pris l'eau en encaissant cinq buts. La sérénité à la relance a permis à l'équipe de réussir 451 des 492 passes tentées durant le match, soit un impressionnant total de 92%! Les arrières ont par ailleurs récupéré 37 ballons sans écoper du moindre avertissement. Efficace et propre. A nouveau meilleur élément dans cette charnière, Fabian Schär était présent pour écarter le ballon de la tête sur quasiment chaque balle arrêtée française. Et avec un peu de réussite, il aurait même pu ouvrir le score sur le seul corner réussi par les «rouge et blanc», dès la 8e minute.

Les flops

L'attaque

Lorsque votre gardien est nommé homme d'un match que vous avez le sentiment d'avoir maîtrisé, tout est dit. Les attaquants suisses ont terminé leur phase de poules sur un zéro pointé. Zéro comme le nombre de tirs cadrés sur la cage de Hugo Lloris, qui a même dû s'ennuyer durant ce match. Le sélectionneur avait tenté un changement en pointe en faisant confiance au jeune Breel Embolo (19 ans) en lieu et place de Haris Seferovic. Si le petit prodige bâlois a montré du caractère, il n'a tenté qu'un seul tir, contré par Koscielny, perdu 67% de ses duels et seulement la grande moitié de ses 17 passes tentées. Trop peu pour espérer convertir en succès la maîtrise de l'entrejeu par ses coéquipiers. Mis à l'index dès le début du tournoi, Seferovic s'était au moins créé des chances nettes. Entré en jeu pour les 18 dernières minutes, l'attaquant de l'Eintracht n'a touché que deux ballons et n'a pas pu tenter le moindre tir. Les canonniers helvétiques n'ont atteint leur cible que deux fois en l'espace de trois matches. Sur balles arrêtées, l'un de ses points forts en qualifications, la Nati a également été inexistante. Si la Suisse veut éviter une désillusion dès le prochain match à élimination directe, elle a moins d'une semaine pour trouver une solution au problème. Face à des équipes du calibre de la Pologne ou l'Allemagne, un nouveau mutisme offensif ne pardonnerait certainement pas.

Johan Djourou

Soyons clairs tout de suite. Non, le Genevois n'a pas été catastrophique. Mais il n'a vraiment pas aidé les siens en leur donnant encore par moments de vilaines sueurs froides. De manière générale, Johan Djourou fait le job. Ni plus, ni moins. Mais il macule hélas son jeu de quelques maladresses qui auraient coûté cher face à des adversaires plus inspirés. Dimanche soir, il n'a remporté que 22% de ses duels, dont 33% d'aériens. L'homme a aussi manqué son seul tacle. Le défenseur a tout de même réussi 90% de ses passes, soit 60, contre seulement 7 ratées. Mais qu'aurait-on dit, par exemple, si son atroce cafouillage de la 54e sur sa passe en retrait sur Fabian Schär avait permis à Antoine Griezmann d'aller au bout de son contre? Sans un tacle salvateur de Valon Behrami, entraînant la crevaison du ballon, le petit attaquant français se serait présenté seul devant Yann Sommer. De telles bévues, Djourou en a commises au moins une fois par match. Dans les matches à venir, ça pourrait être la fois de trop. Et comme il a en plus repoussé sur la ligne de but française un ballon qui pouvait finir au fond des filets (8e), ses notes en prennent un coup.

Les maillots

La blague a beaucoup fait rire tous les (télé)spectateurs du match. Au moins quatre fois durant les 93 minutes qu'a duré le jeu, des joueurs suisses ont été de contraints de changer de haut parce qu'il n'avait pas résisté. Peut-être s'agit-il d'une nouvelle formule visant à montrer à l'arbitre que l'adversaire a tiré votre maillot. Soit. Si ça marche, c'est très bien vu. Le problème, comme souvent dans le football, c'est que le tirage de maillot est laissé à l'interprétation de l'arbitre. Et comme le Slovène Damir Skomina n'avait pas l'air particulièrement sensible au phénomène, ça s'est apparenté à un gros flop. D'autant plus que dans les arrêts de jeu, lorsque Bacary Sagna a retenu Blerim Dzemaili dans la surface de façon à justifier un penalty pour la Suisse, le tissu rouge a cette fois tenu le choc. Le jour où les hommes en noir siffleront sans exception chaque tirage de maillot, un maillot qui se déchire facilement aura sans doute tout son sens et facilitera la tâche des officiels. En attendant, l'équipementier de la Nati (Puma) a plutôt fait passer les Suisses pour des clowns.

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