Suisse: Les transports publics appelés à se dépêcher

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SuisseLes transports publics appelés à se dépêcher

Le billet électronique se fait attendre. Le directeur de l'Office fédéral des transports (OFT) Peter Füglistaler critique la lenteur des décisions. L'Union des transports publics rétorque.

Peter Füglistaler, directeur de l'Office fédéral des transports.

Peter Füglistaler, directeur de l'Office fédéral des transports.

Dans une interview accordée vendredi au St. Galler Tagblatt, Peter Füglistaler y voit un réel problème. «Très coûteux, les processus sont encore en grande partie basés sur la démocratie directe. Dix petites gares ou une grande peuvent tout bloquer», soutient-il. Aux yeux du chef des transports, le secteur devrait créer des structures qui permettent de prendre vraiment des décisions.

Pas de révolution

Le directeur de l'Union des transports publics (UTP) Ueli Stückelberger rejette ces reproches. «Ce n'est pas du tout le cas», a-t-il affirmé à l'ats. Avant d'introduire le billet électronique, il faut simplifier le système tarifaire. Or cela prend du temps.

Mais la branche va de l'avant. Il y a un mois, elle a décidé de réaliser une vue d'ensemble du système tarifaire en vue de sa simplification.

Le directeur de l'UTP rappelle que les transports publics ne sont pas seuls à décider. A l'image des cantons, d'autres acteurs ont aussi leur mot à dire. «Nous ne sommes pas autonomes», martèle-t-il.

En outre, la branche ne souhaite pas surcharger ses clients, qui ne sont pas tous des pros de la technologie. Elle plaide donc pour une évolution mais pas de révolution.

Billets personnalisés

Les innovations comme le billet électronique sont une condition pour introduire des tarifs différenciés. Peter Füglistaler annonce qu'il y aura désormais plus d'abonnements flexibles personnalisés.

«Durant les heures de pointe, les tarifs seront plus élevés et moins chers pendant les périodes creuses», explique-t-il. Incontesté, l'abonnement général ne sera pas remis en cause mais il aura son prix.

Les CFF ont présenté leur nouveau «SwissPass» au mois de mars. L'ex-régie fédérale avait alors expliqué qu'introduire un système qui scanne automatiquement la carte de l'usager à son entrée et à sa sortie d'un transport public n'était pas encore d'actualité pour toute la Suisse. Certaines entreprises de transport pourront tester cette nouvelle manière de faire au plus tôt à la fin de l'année 2016.

Stagnation des tarifs

Peter Füglistaler critique également la politique des prix des transports publics. «La branche a affirmé très tôt vouloir renoncer à des augmentations de tarifs pour 2016. Cela nous fâche. Ce n'est pas au seul contribuable de prendre en charge les dépenses supplémentaires», précise-t-il.

Ueli Stückelberger repousse ce grief. En accord avec le surveillant des prix Stefan Meierhans, les augmentations de tarifs ne doivent intervenir qu'en cas de hausse du coût du tracé. «Et par respect envers nos usagers, une année sans progression des prix s'impose», signale-t-il.

Au niveau du trafic régional, la situation financière est «tendue mais pas désespérée», selon le directeur de l'Office fédéral des transports. Pour tourner, ce secteur a besoin de 940 millions de francs en 2016. Il dispose d'à peine 2% de plus que ce montant. Mais au rythme de l'extension actuelle du réseau, toutes les nouvelles offres ne pourront pas être financées.

«Il ne s'agit pas d'une réduction des prestations mais bien d'un développement plus lent», déclare Peter Füglistaler. Les priorités de trafic régional pour 2016 se portent sur les cantons de Vaud, Neuchâtel et Zurich. (ats)

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