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Grande-BretagneLes travaillistes s'en prennent aux bonus des banquiers

Le ministre britannique des Finances Alistair Darling a justifié lundi devant le congrès du Labour sa volonté de réglementer les bonus des banquiers.

Cette explication a lieu à quelques mois d'élections législatives à haut risque pour le parti travailliste au pouvoir.

Dans un discours lundi devant le congrès, réuni depuis dimanche à Brighton (sud), M. Darling a confirmé un prochain projet de loi réglementant les rémunérations des banquiers, afin d'en finir avec «la culture de l'imprudence qui fait passer les profits à court terme avant les succès à long terme».

Le thème est porteur en vue des élections attendues en mai, pour lesquelles le Labour, parti du Premier ministre Gordon Brown, est donné perdant par tous les sondages, avec une avance d'au moins 15 points pour les conservateurs.

La future loi, que le gouvernement espère faire adopter dans les semaines à venir, signifiera la «fin des bonus automatiques pour les banquiers année après année», a prévenu M. Darling. Les bonus devront être «justifiés par une performance à long terme», a-t-il expliqué.

«Eviter le pire»

Dans un discours mollement accueilli par des délégués travaillistes déprimés par les enquêtes d'opinion, il s'est appliqué à défendre ses choix pour venir à bout de la crise économique et financière.

«Si nous n'avions pas emprunté, nous aurions rendu une situation déjà très difficile encore pire», a-t-il argumenté. «La récession serait devenue une dépression et la dette aurait augmenté, pas diminué.»

MM. Brown et Darling ont été parmi les premiers à plaider auprès de leurs homologues européens et mondiaux pour qu'ils laissent filer le déficit budgétaire, afin de relancer une économie mondiale atone.

Cette stratégie, bien suivie internationalement, a cependant vivement été critiquée au Royaume-Uni par les conservateurs, inquiets de la dérive des finances publiques.

Pas dépressif

M. Darling a annoncé lundi une nouvelle loi sur la «responsabilité fiscale», destinée à garantir la réduction progressive du déficit budgétaire, qui atteindra cette année 12,4% du PIB, pour s'assurer que «la dette publique reste viable à moyen terme».

Mais ce débat a été éclipsé dans la presse par une polémique touchant à la santé du Premier ministre. Dimanche, un journaliste de la BBC lui a demandé, lors d'une interview en direct, s'il prenait des anti-dépresseurs.

Indigné par cette question basée sur des rumeurs véhiculées jusque-là par des blogs de droite, M. Brown a nié avoir d'autre ennui de santé que ses problèmes de vue déjà connus. Il a perdu l'usage de l'oeil gauche après avoir reçu un coup lors d'un match de rugby à l'université.

(ats)

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