Centrale de Mühleberg: Les travaux auraient dû être fait plus tôt
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Centrale de MühlebergLes travaux auraient dû être fait plus tôt

La centrale de Mühleberg, déconnectée fin juin pour répondre à de nouvelles mesures de sécurité, aurait dû être déconnectée il y a un an après un incident survenu en France.

L'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire n'a pas pris toutes les précaution nécessaire selon la «SonntagsZeitung».

L'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire n'a pas pris toutes les précaution nécessaire selon la «SonntagsZeitung».

A cause d'un incident survenu en France, l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) aurait dû savoir depuis plus d'un an que la centrale bernoise de Mühleberg devrait être aménagée pour des travaux de protection contre les crues. Or, elle n'a été déconnectée pour des travaux que jeudi dernier à la suite d'une expertise alarmante de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).

L'IFSN aurait dû avoir connaissance il y a plus d'un an qu'en cas de fortes précipitations, de la boue, des troncs d'arbres et des gravats pouvaient boucher les conduites de refroidissement de la centrale de Mühleberg, selon la «SonntagsZeitung». C'est en effet ce qui s'était passé en France à la centrale de Cruas 4 en décembre 2009. Le cas avait été considéré comme grave et un plan d'urgence avait mis en place en vue de maîtriser la situation.

Or, la législation suisse prévoit qu'en cas d'accident grave à l'étranger, l'IFSN doit analyser la situation des centrales suisses. Ce que l'organisme de surveillance n'a pas fait dans ce cas. Si une expertise avait été demandée à l'EPFZ à ce moment-là, Mühleberg aurait donc été vraisemblablement déconnectée il y a un an. La présidente du groupe socialiste du Parlement, la conseillère nationale Ursula Wyss, demande déjà la tête du directeur de l'IFSN: «Monsieur Wanner doit prendre la responsabilité de l'erreur de l'IFSN et en tirer les conséquences», a-t-elle déclaré au journal dominical alémanique.

Garantir le refroidissement des eaux

La centrale nucléaire de Mühleberg a été déconnectée du réseau jeudi dernier, soit cinq semaines plus tôt que prévu. Elle sera redémarrée en septembre, quand la révision annuelle sera terminée. Cet arrêt anticipé de la centrale doit permettre de mettre en place des mesures garantissant le prélèvement des eaux de refroidissement. Jeudi dernier, les Forces motrices bernoises (FMB) devaient fournir le certificat exigé concernant la maîtrise d'une crue exceptionnelle, dont la probabilité de survenue est d'une fois tous les 10.000 ans. Ce certificat se fondait sur le système de refroidissement d'urgence actuel.

Les FMB avaient expliqué que de nouvelles connaissances provenant de scénarios basés sur des situations extrêmes ont montré qu'on ne peut pas exclure la possibilité que des débris, qui seraient charriés par l'eau dans le cas d'une crue extrême, pourraient obstruer le dispositif d'alimentation en agent réfrigérant du système d'urgence SUSAN. La sécurité de la station de pompage en cas d'inondation sera en outre améliorée. Il faudra compter avec des coûts d'environ 20 millions de francs pour l'achat de l'énergie devant remplacer la production de la centrale pendant son arrêt. (ap)

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