Bilan du séisme et du tsunami: Les travaux reprennent à Fukushima
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Bilan du séisme et du tsunamiLes travaux reprennent à Fukushima

Le séisme et le tsunami destructeur qui l'a suivi le 11 mars dernier ont fait un total de plus de 27'000 morts et disparus dans le nord-est du Japon.

Après une journée de suspension due à un dégagement de fumée inexpliqué, les travaux ont repris jeudi au réacteur numéro 3 de la centrale nucléaire de Fukushima. Deux ouvriers du site ont été irradiés alors que sur le front humanitaire, l'eau minérale fait défaut à Tokyo, à 250 km au sud de cette ville.

Les 300 techniciens à l'oeuvre sur le site endommagé par le séisme du 11 mars, qui a fait près de 26.000 tués et disparus dans le nord du Japon, sont parvenus récemment à connecter les six réacteurs au réseau électrique et ont pu remettre en marche l'une des pompes qui assurent leur refroidissement.

L'opérateur privé TEPCO s'efforce d'éviter la surchauffe du combustible nucléaire qui pourrait entraîner une fusion du coeur des réacteurs et des rejets radioactifs dramatiques. Selon la firme, la situation se stabilise à la centrale.

Trois des techniciens au travail sur le site, qui font tous figure de héros nationaux, ont été irradiés jeudi et deux ont dû être hospitalisés pour des brûlures, a rapporté l'agence de sûreté nucléaire.

Pas d'eau du robinet aux nourrissons

A Tokyo, les autorités ont déconseillé de donner de l'eau du robinet aux nourrissons de moins d'un an en raison de la présence d'iode radioactif.

Les radiations décelées dans l'eau courante, qui se sont révélées supérieures aux normes à deux reprises cette semaine, sont toutefois retombées jeudi sous le seuil de sécurité, a rapporté l'agence Kyodo.

Les autorités de la capitale ont promis de puiser dans les stocks disponibles et de mettre près de 250.000 bouteilles à disposition dans les communes autour de Tokyo.

La firme Asia Brewery a offert 700.000 bouteilles de 35 cl et une première livraison de 70.000 devait être assurée jeudi par la compagnie Philippines Airlines.

Réduction des importations pour certains pays

Une radioactivité supérieure à la normale a également été décelée dans du lait et des légumes venant de la région de Fukushima. Après Hong Kong et les Etats-Unis, Singapour et l'Australie ont réduit leurs importations de produits alimentaires issus de cette région. La Russie a également pris des mesures. Les inspections sanitaires ont par ailleurs été renforcées au Canada.

Et des traces de contamination au césium radioactif 1,8 fois supérieures à la normale ont été détectées sur des légumes verts cultivés dans un laboratoire de recherche de Tokyo, a rapporté Kyodo qui cite la municipalité.

La crainte des radiations pourrait par ailleurs dissuader les capitaines de plusieurs navires marchands d'accoster dans le port de Tokyo, selon un représentant du secteur.

Le ministère de la Santé a aussi renforcé les contrôles sur les poissons et mollusques pêchés le long des côtes, après la détection de radioactivité dans l'eau de mer près de la centrale.

Baisse du prix des coquillages

Le prix de certains produits de la mer, comme les coquillages, a baissé à Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde, dans la baie de Tokyo. Les oursins se vendaient à 50% du prix habituel.

Le prix des algues, indispensables dans les soupes et les salades, devrait augmenter car les grossistes vont aller s'approvisionner ailleurs.

Des particules radioactives ont été décelées jusqu'en Islande, mais les autorités japonaises assurent que les doses ne sont pas dangereuses pour les adultes.

Sur le versant économique de la crise, le gouverneur de la Banque du Japon a jugé la situation grave.

Un coût de 310 milliards de dollars

Les dégâts ont été évalués à 310 milliards de dollars, ce qui fait du séisme du 11 mars la catastrophe la plus coûteuse de l'histoire, loin devant le tremblement de terre de Kobé, en 1995, et l'ouragan Katrina, qui a dévasté La Nouvelle-Orléans en 2005.

Le bilan humain s'élève à 9523 tués et 16.094 disparus. Dans le Nord, où les sauveteurs continuent à fouiller les décombres, 250.000 sinistrés sont toujours hébergés dans des centres d'accueil. Malgré les souffrances, le sentiment que la page la plus noire est désormais tournée s'impose peu à peu.

Après le dénuement des premiers jours, l'aide afflue désormais en quantité. L'eau, l'électricité et le téléphone ont été rétablis. Des services postaux et bancaires itinérants y ont été organisés. (afp)

La Confédération paie les vols qu'elle a réservés pour les Suisses

Les 65 Suisses qui sont rentrés le week-end dernier du Japon grâce aux places réservées par le DFAE dans les avions Swiss ne doivent pas payer leur billet eux-mêmes. La Confédération dispose de 400'000 francs pas année pour financer ce genre d'évacuations.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) prend à sa charge les places réservées pour les citoyens Suisse dans les vols de vendredi, samedi et dimanche dernier au départ de Tokyo, a indiqué à l'ATS un porte-parole du DFAE. Il en va de même pour les évacuations en provenance de Tunisie, d'Egypte ou de Libye.

L'opération de rapatriement du DFAE a eu un succès limité: peu de Suisses ont profité de son offre pour rentrer au pays durant le week- end. La situation ne devrait pas changer ces prochains jours. Vendredi par exemple, l'avion de Swiss ne transportera en principe que 70 personnes en provenance de Tokyo.

Davantage de départs vers Tokyo

Le même jour, 110 personnes ont réservé une place dans le vol Zurich-Tokyo, a expliqué le porte-parole de Swiss Jean-Claude Donzel. De manière générale, les passagers qui s'envolent pour le Japon sont plus nombreux que ceux qui quittent le pays du Soleil Levant en direction de la Suisse.

La plupart des réservations pour des vols vers le Japon ont été effectuées avant le séisme du 11 mars et la catastrophe nucléaire qui a suivi. Peu d'entre elles ont été annulées.

Les avions de Swiss qui volent vers Tokyo font escale à Hong Kong afin de pouvoir réagir rapidement aux événements. Leurs équipages dorment dans la métropole chinoise par mesure de sécurité. Jusqu'à présent, aucun appareil de la compagnie helvétique n'a présenté un taux de radioactivité anormal à son retour.

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