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Foot - NatiLes trois chantiers du printemps de Petkovic

Le poste de gardien, la charnière en défense ou son centre-avant: le sélectionneur a quatre matchs amicaux pour se fixer.

Vladimir Petkovic face à la presse à Kloten avant le départ pour la Grèce (Lundi 19 mars 2018).

Vladimir Petkovic face à la presse à Kloten avant le départ pour la Grèce (Lundi 19 mars 2018).

Keystone

Le quotidien de certains internationaux suisses en club est sportivement précaire. A Vladimir Petkovic d'évaluer, durant les semaines à venir, l'ampleur des difficultés rencontrées par ses joueurs au moment de coucher sur sa liste les vingt-trois noms de ceux qui disputeront la Coupe du monde.

Le bilan global n'est pas alarmant non plus. Du moins il l'a déjà été bien plus par le passé à l'abord d'autres grands tournois. Et c'est aussi le savoir-faire que le sélectionneur doit démontrer: ne pas s'en tenir à l'instantané mais ancrer les bases de sa réflexion sur un temps plus long. Il en va ainsi, par exemple, concernant la charnière Fabian Schär - Johan Djourou.

> La défense

Les deux hommes sont les titulaires naturels en défense centrale mais doivent faire face à deux problèmes. Le premier est leur saison en club, plutôt chaotique. Le second est l'ambition, légitime, de Manuel Akanji et Nico Elvedi de prendre leur place, eux qui livrent la marchandise à Dortmund et Mönchengladbach. Akanji avait d'ailleurs remplacé le Genevois (blessé) lors du barrage contre l'Irlande du Nord en novembre, prouvant qu'il était en mesure d'apporter quelque chose à l'équipe de Suisse.

Le tumulte des gros titres ne rend toutefois justice ni à Schär, ni à Djourou. L'arrêt sur image n'est, il est vrai, pas favorable au Saint-Gallois, vissé sur le banc des remplaçants de La Corogne lors des trois derniers matches. Mais il ne faut pas oublier que le joueur a disputé 20 des 29 rencontres de championnat cette saison, ce qui n'est pas rien.

Le Depor, moins bonne défense de la Liga, aura bien de la peine à éviter la relégation et son nouvel entraîneur, Clarence Seedorf, a essayé ces derniers temps de redistribuer les cartes pour provoquer un déclic. «Fabian n'a pas eu de chance avec ce changement de coach à ce moment de l'année, explique Vladimir Petkovic. Mais son entraîneur et son club connaissent ses qualités, il jouera encore un rôle dans son équipe cette saison.»

Djourou, lui, s'est blessé alors que son club, Antalyaspor, traversait une grave crise de gouvernance et a été absent de mi-octobre à mi-février. Le contexte est désormais plus apaisé et le Genevois se sent mieux physiquement, même s'il reste précautionneux, et a retrouvé sa place dans l'axe depuis un mois. «Depuis qu'il est revenu de blessure, Johan n'a manqué que 15 minutes de jeu à Antalya», glisse Petkovic.

Néanmoins, le match à quatre pour composer la charnière de la Suisse au Mondial - Lichtsteiner et Rodriguez étant indiscutés dans les couloirs - demeure un des points chauds qui focalisera une partie de l'attention.

> Le gardien

Tout comme pourrait l'être, selon les choix de Petkovic, la lutte pour le poste de gardien. Yann Sommer, titulaire du poste, n'est pas dans la forme de sa vie à Mönchengladbach. Or Roman Bürki, malgré quelques bévues, est plutôt bon à Dortmund. Et pourrait ne plus vouloir se satisfaire de son rôle de doublure. Le sélectionneur devrait être tenté, durant les quatre tests avant la Russie, d'opérer un tournus entre Sommer, Bürki et Marwin Hitz et pourrait redistribuer les rôles si, par exemple, l'actuel no 1 se trouait complètement lors des amicaux.

> L'attaque

Si, au milieu de terrain, la donne est claire avec le triangle Behrami - Xhaka - Dzemaili (en pointe haute), l'affaire se complique en attaque (sauf pour Shaqiri, le leader offensif). Comme toujours depuis la retraite internationale d'Alexander Frei en 2011, personne n'a réussi à s'imposer comme le buteur de l'équipe mais les Drmic, Seferovic, Mehmedi et autre Embolo ont la bonne idée, depuis des années, de se répartir la responsabilité d'animer la zone 3 - et parfois aussi de marquer - à tour de rôle. Il y en a presque toujours un pour compenser le spleen ou la méforme des autres.

L'absence d'une hiérarchie claire en attaque est une aubaine pour Dimitri Oberlin, un profil intéressant qui a toutes les qualités de sa jeunesse mais, aussi, ses défauts. Même remarque pour Mario Gavranovic, revenu en grâce aux yeux du sélectionneur. Une chose paraît certaine: ceux qui s'illustreront vendredi en match amical en Grèce, mardi contre le Panama ou, enfin, en Espagne et contre le Japon en juin auront fait un immense pas vers une titularisation à la Coupe du monde. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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