Massacre à «Charlie Hebdo»: Les trois forcenés et quatre otages tués
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Massacre à «Charlie Hebdo»Les trois forcenés et quatre otages tués

Les frères Kouachi, soupçonnés de la tuerie à «Charlie Hebdo», ont été abattus par les forces de l'ordre à Dammartin. A Vincennes, le preneur d'otages dans une épicerie a également été tué.

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05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

05.01.2017 De courtes et sobres hommages, avec dépôts de gerbes et minutes de silence, ont eu lieu jeudi à Paris en mémoire des victimes des attentats de janvier 2015 contre l'hebdomadaire «Charlie Hebdo»...

AFP/Eric Feferberg
...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

...et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts.

AFP/Eric Feferberg
27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

27.08.2016 Le beau-frère de l'un des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo a été mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de préparation d'actes de terrorisme».

Peu avant 17h, les unités d'élite de la gendarmerie ont abattu Saïd et Chérif Kouachi qui sortaient lourdement armés de l'imprimerie à Dammartin-en-Goële, à 40 km au nord-est de Paris, où les deux hommes s'étaient retranchés.

Un membre du GIGN a été blessé dans l'opération, ont indiqué des sources sécuritaires. Une personne qui se trouvait sur les lieux a été libérée saine et sauve, a confirmé la gendarmerie. Cet homme de 26 ans s'était caché dans le bâtiment et a réussi, au péril de sa vie, à contacter les forces de l'ordre pour leur donner des informations.

Parallèlement, un assaut a été donné contre un supermarché juif spécialisé dans les produits casher dans l'est parisien, où un homme avait pris depuis la mi-journée plusieurs personnes en otage. Après plusieurs détonations, des policiers ont pénétré dans le magasin. Au moins cinq otages, parmi lesquels se trouvait un enfant, sont sortis protégés par des policiers.

Fin tragique

Cette séquestration s'est soldée par le décès de quatre otages, a indiqué la police. Le forcené, Amedy Coulibaly, un délinquant multirécidiviste, a été tué lors de l'assaut. Deux policiers ont aussi été blessés au moment où ils tentaient de libérer les otages, au nombre total de 15 à 20, selon la police.

Les quatre victimes ont «vraisemblablement» été tuées par le forcené dès le début de son attaque, a déclaré à la presse dans la soirée le procureur de Paris, François Molins. «Aucun otage n'a été tué au cours de l'assaut donné par les forces de l'ordre», a assuré le magistrat, confirmant par ailleurs que Coulibaly avait piégé le magasin et «menacé d'abattre tous les otages» qu'il retenait. Selon une source sécuritaire, quatre blessés se trouvaient par ailleurs dans un état très grave.

Amedy Coulibaly, 32 ans, était déjà suspecté d'avoir tué la veille une policière dans le quartier de Montrouge, dans la banlieue sud de Paris, et blessé une tierce personne. Il a confirmé vendredi à BFMTV avoir «synchronisé» son action avec les frères Kouachi.

«Une immense tristesse pour tous ceux qui ont perdu la vie et des remerciements du fond du coeur aux forces de l'ordre qui sont intervenues avec une maîtrise et un sang-froid qui fait leur honneur», a affirmé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Situation inédite

Les autorités françaises ont dû gérer une situation sans précédent: deux prises d'otages à 50 km de distance perpétrées par des personnes lourdement armées et résolues, dernier acte d'une tragédie entamée mercredi avec l'attentat contre «Charlie Hebdo».

Le quartier près du supermarché juif à Paris a été complètement bouclé et tous les occupants des immeubles avoisinant ont été priés de rester chez eux. Les écoliers ont été confinés dans leurs établissements. Des policiers en tenue d'intervention ont petit à petit pris position, protégés par des boucliers.

Le président François Hollande devait intervenir en direct à la TV dans la soirée, a annoncé l'Elysée. Vendredi, jour de prière pour les musulmans, a également été l'occasion en France d'un hommage spécifique rendu aux victimes de la tuerie contre «Charlie Hebdo» dans toutes les mosquées du pays.

Ville morte

La traque de Chérif et Saïd Kouachi, deux frères français d'origine algérienne, était entrée vendredi dans sa phase finale après trois jours de recherches dans le nord de la France. Des unités d'élite de la gendarmerie ont réussi à les encercler dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne, où ils s'étaient retranchés.

Rues désertes, rideaux de fer des commerces abaissés, accès routiers coupés par les forces de l'ordre, Dammartin était une ville morte en état de siège plongée dans la brume. Les chaînes de télévision en continue ont suivi en direct l'intervention des forces de l'ordre.

Les frères Kouachi se trouvaient depuis des années sur la liste noire américaine du terrorisme. Saïd Kouachi s'était entraîné au maniement des armes au Yémen en 2011. Il aurait également fréquenté une université fondamentaliste toujours au Yémen avant de batailler contre des miliciens chiites dans ce pays.

Par ailleurs, plusieurs dirigeants européens ont annoncé leur participation à la marche prévue dimanche à Paris. Parmi eux figurent la chancelière allemande Angela Merkel, le président du Conseil européen Donald Tusk, les Premiers ministres britannique et espagnol David Cameron et Mariano Rajoy et le président du Conseil italien Matteo Renzi. (ats/afp)

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