Interview: «Les trompettes sont comme les êtres humains»
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Interview«Les trompettes sont comme les êtres humains»

Sur «In Between», Erik Truffaz retrouve la formule quartet. Et ça donne un album élégant et tout en douceur.

par
Laurent Flückiger
Benoît Corboz, Erik Truffaz, Marcello Giuliani et Marc Erbetta: «Un des meilleurs groupes du monde.»

Benoît Corboz, Erik Truffaz, Marcello Giuliani et Marc Erbetta: «Un des meilleurs groupes du monde.»

20 Minutes: Après trois ans, qu'est-ce qui vous a décidé à enregistrer à nouveau en quartet?

Erik Truffaz: C'est un des meilleurs groupes du monde, même si c'est prétentieux de le dire. Il me fait progresser. Toute ma vie j'aurais envie d'enregistrer avec lui. A chaque fois, c'est une aventure poignante et intense.

Sur dix titres, deux sont en compagnie de Sophie Hunger. Pourquoi elle?

Parce que je l'adore! Giulani a produit son premier disque et j'ai collaboré en trio avec elle et Malcolm Braff en Belgique. C'était magnifique. Sophie a une voix qui touche. C'est elle qui a choisi la reprise de Bob Dylan. Il avait enregistré «Dirge» comme une maquette avec piano et guitare. L'idée de Sophie était d'en faire une autre version. J'ai essayé de jouer de la trompette le plus possible comme de l'harmonica.

Comment traitez-vous vos trompettes? Rock'n'roll ou de manière très soigneuse?

J'en ai deux pour la scène et je ne m'en sépare jamais. Ma trompette la plus importante est une Inderbinen façonnée par un facteur qui habite près d'Aarau; elle est très rare. L'autre est une Bach achetée à New York; elle est très facile à jouer. Les instruments sont comme les êtres humains, il y en a de plus faciles que d'autres.

Vous avez des dizaines de projets. Vous aimez être constamment occupé?

J'adore avoir du temps libre. Je rêvais d'être berger pour avoir beaucoup d'air et beaucoup de place. Mais j'ai construit ma vie à l'opposé.

Erik Truffaz, «In Between», distr. EMI (déjà disponible)

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