Les troubles au Kazakhstan bousculent le prix du pétrole
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Énergie Les troubles au Kazakhstan bousculent le pétrole mais pas l’uranium

Les troubles au Kazakhstan font chauffer les prix du pétrole, les investisseurs craignant de possibles ruptures d’approvisionnement, mais le marché de l’uranium est pour l’heure épargné.

Des manifestations à Almaty, la capitale économique du Kazakhstan, le 5 janvier 2022. 

Des manifestations à Almaty, la capitale économique du Kazakhstan, le 5 janvier 2022.

AFP

Au Kazakhstan, «les émeutes représentent clairement un risque pour l’approvisionnement du marché mondial» de pétrole, assure à l’AFP Bjarne Schieldrop, analyste chez Seb. Sur la semaine, les cours du brut ont gagné environ 5%, et vendredi, le baril de Brent a dépassé la barre des 83 dollars le baril à Londres, «son plus haut niveau depuis la baisse des prix déclenchée par l’apparition du variant Omicron fin novembre», selon Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

La contestation a éclaté dimanche en province, après une hausse des prix du gaz, avant de s’étendre aux grandes villes, surtout Almaty, la capitale économique du Kazakhstan, où les manifestations ont viré aux émeutes contre le régime. Le président Kassym-Jomart Tokaïev, a rejeté vendredi toute possibilité de négociation avec les protestataires.

Exportateur de brut

Le pays est le plus grand producteur de pétrole d’Asie centrale, avec les 12èmes réserves prouvées de brut au monde, d’après l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA). Le Kazakhstan produisait quelque 1,8 million de barils par jour en 2020. C’est aussi le deuxième producteur de pétrole des pays partenaires de l’Opep au sein de l’Opep+, derrière la Russie. L’or noir représentait 21% du produit intérieur brut (PIB) kazakh en 2020, selon la Banque mondiale.

Production pas encore affectée

La production de Tengizchevroil, la plus grande entreprise pétrolière du Kazakhstan, a été «temporairement ajustée en raison des protestations sur le champ de Tengiz», indique Stephen Brennock de PVM Energy. Mais pour de nombreux analystes, rien n’indique que la production de pétrole kazakh ait été significativement affectée. Vendredi, «la production dans les trois principaux champs du pays se poursuivait», assure M. Brennock.

«Les troubles au Kazakhstan sont haussiers à court terme», fait remarquer Neil Wilson, analyste chez Markets.com. D’ailleurs, en fin de séance vendredi, les cours du brut se sont repliés un peu, le Brent cédant 0,28% à 81,76 dollars vers 16h20 et le WTI 0,54%, à 79,03 dollars, à New York.

L’uranium épargné

Le Kazakhstan, le 9e plus vaste pays du monde, regorge de manganèse, de fer, de chrome et de charbon. Il dispose également des deuxièmes plus importantes ressources mondiales identifiées d’uranium, selon le rapport annuel sur les matières premières Cyclope. Fournisseur des centrales atomiques françaises, il génère 40% de la production mondiale, selon les données de CRU Consulting.

Régions calmes

La crise actuelle est cependant plus «susceptible de créer un inconfort mineur» qu’une véritable crise, selon Toktar Turbay, analyste chez CRU Consulting, la Chine ayant accumulé suffisamment d’uranium pour répondre à ses besoins en cas de perturbations à court terme.

«Des mines d’uranium sont placées dans des régions reculées de l’oblast du Turkestan, largement épargnées par les manifestations et les affrontements en cours dans le pays», explique-t-il. «Plus de la moitié des exportations d’uranium kazakh sont destinées à la Chine. Il pourrait y avoir des obstacles logistiques à la livraison des produits aux frontières, car les principaux itinéraires passent par la région d’Almaty», où tous les principaux affrontements ont eu lieu, prévient l’expert.

(AFP)

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