Actualisé 21.02.2011 à 10:16

Révolte au YémenLes ulémas prohibent le recours à la force

Les ulémas du Yémen ont prohibé lundi le recours à la force contre les manifestants, alors que la contestation populaire s'amplifie contre le président Ali Abdallah Saleh.

Les ulémas, sunnites et zaïdites, branche du chiisme prépondérante dans le nord du Yémen, ont publié un communiqué en ce sens à l'issue d'une réunion extraordinaire sous l'égide de l'influent chef islamiste cheikh Abdelmajid Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme.

«Toute agression contre les manifestants est un crime», ont affirmé les ulémas, prohibant dans le même temps de «tuer des membres des forces de sécurité». Des partisans du régime s'étaient acharnés quotidiennement jusqu'à samedi sur des manifestants à Sanaa qui réclament la chute du régime, faisant un grand nombre de blessés.

A Aden, la grande ville du sud, 12 personnes ont été tuées en moins d'une semaine dans la dispersion par les forces de sécurité de manifestations tournant à l'émeute.

Le président refuse de démissionner

Le président du Yémen Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a souligné lundi qu'il ne démissionnerait pas et qualifié de provocations inacceptables les manifestations contre son régime.

Samedi, au dixième jours de manifestations, la police a ouvert le feu pour disperser des protestaires dans les rues de la capitale Sanaa. Selon un responsable médical, un homme a été tué d'une balle dans la nuque. Au total, neuf personnes ont été tuées dans le pays depuis le début des manifestations.

Lors d'une conférence de presse lundi, Ali Abdallah Saleh a affirmé qu'il avait ordonné à l'armée d'ouvrir le feu «uniquement pour se défendre».

Il s'est refusé à démissionner. «Oui à des réformes politiques, oui à des réformes légales, mais non aux coups d'Etat», a-t-il affirmé. (ats)

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