Italie: Les universitaires se révoltent
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ItalieLes universitaires se révoltent

Des manifestations contre la réforme de l'université ont dégénéré aujourd'hui à Rome.

Des dizaines de milliers d'étudiants ont défilé mardi à Rome avant d'être stoppés par la police près du parlement.

Des manifestations similaires avaient lieu dans d'autres villes. Selon l'Union des universitaires (UDU), plus de 400'000 étudiants étaient mobilisés dans toute l'Italie.

Les députés devaient se prononcer le jour même sur une réforme de l'université qui suscite des manifestations comme l'Italie n'en voyait plus guère depuis des décennies. Les manifestants ont parcouru le centre de Rome en prenant la direction de la Chambre des députés.

Ils ont lancé des oeufs, des bouteilles ou des feux d'artifice et brandissaient des banderoles où s'étalaient des slogans comme «l'éducation est à genoux». Ils se sont brièvement heurtés à des policiers en tenue anti-émeute.

Des cordons de police bloquaient aussi la place de Venise et l'Avenue des Forums impériaux près du Colisée. A la grande surprise des touristes, une partie du trafic a été déviée vers le quartier de la Fontaine de Trevi, habituellement zone piétonne.

Des manifestations ont également eu lieu dans le centre de Turin, tandis qu'à Milan, des manifestants ont occupé une gare durant une vingtaine de minutes. Ils ont également lancé des oeufs et des pétards contre un des sièges de l'université catholique. A Naples, aux prises avec la crise des déchets, ils ont jeté des sacs d'ordures devant le siège du gouvernement régional.

Système fondé sur le mérite

Les étudiants se sont juré de faire obstacle aux changements proposés par la ministre de l'Education, Mariastella Gelmini. Ils ont déjà occupé la semaine dernière des monuments historiques comme la Tour de Pise et le Colisée.

Mariastella Gelmini défend une réforme qui vise à économiser plusieurs milliards d'euros d'ici fin 2012. Elle créera un système fondé davantage sur le mérite, selon elle.

Les adversaires, eux, déclarent que les universités seront déjà affectées l'an prochain par un manque de financement de 1,35 milliard d'euros. De plus, le projet de compression des dépenses affaiblira encore l'enseignement supérieur en Italie.

Les députés ont apporté des amendements mineurs au projet pour répondre aux inquiétudes des étudiants et du corps enseignant. La ministre les a prévenus qu'elle retirerait la réforme si elle faisait l'objet de modifications trop importantes. (ats)

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