Actualisé 29.09.2011 à 17:53

Syrie

Les USA accusés d'encourager les violences

Des affrontements opposent depuis trois jours les militaires syriens à des déserteurs à Rastan. Les Etats-Unis sont accusés d'entretenir la violence.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les tirs de mitrailleuses lourdes retentissaient jeudi à Rastan, au nord de la ville de Homs (centre), pour la troisième journée consécutive alors que l'armée mène une vaste opération pour traquer les déserteurs. «Les combats ont fait 40 blessés de part et d'autre», a affirmé cette organisation basée en Grande-Bretagne.

Par ailleurs, à Homs, à 160 km au nord de Damas, une fillette a été tuée par une balle perdue et le corps d'un homme de 32 ans tué par balle a été retrouvé jeudi.

La répression a fait plus de 2700 morts depuis le début du mouvement de contestation contre le régime de Bachar al-Assad à la mi-mars. Le gouvernement syrien attribue les violences à des «bandes armées» voulant semer le chaos dans le pays.

«Washington encourage la violence»

Les Etats-Unis avaient salué lundi «la retenue» de l'opposition face à la répression sanglante des manifestations, et jugé que l'apparition d'actes armés contre le régime serait normale.

«Il n'est pas surprenant, étant donné le niveau de violence ces derniers mois, que l'on commence à voir des militaires et des membres de l'opposition (...) recourir à la violence contre l'armée en un acte d'auto-préservation», avait dit le porte-parole du Département d'Etat, Mark Toner. Jusqu'à présent, a-t-il ajouté, «l'opposition a montré une retenue extraordinaire face à la brutalité du régime».

Réagissant à ces propos, le ministère syrien des Affaires étrangères a accusé jeudi Washington d'encourager «la violence contre l'armée» syrienne.

«Les déclarations de responsables américains, notamment de Mark Toner, sont une preuve éclatante que les Etats-Unis encouragent les groupes armés à exercer la violence contre l'armée arabe syrienne», a indiqué dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères.

«La Syrie dénonce avec vigueur les déclarations américaines et affirme sa détermination à préserver sa sécurité et sa stabilité, à défendre ses citoyens et à s'opposer à toutes les tentatives de s'ingérer dans ses affaires intérieures», selon le texte.

Ambassadeur menacé

Dans le même temps, à Damas, l'ambassadeur des Etats-Unis Robert Ford a été houspillé jeudi par des manifestants pro-régime qui ont tenté de le prendre à partie à son arrivée au bureau de l'opposant Hassan Abdelazim.

Selon l'opposant, «près de cent manifestants» ont tenté de prendre d'assaut les locaux. «Ils ont manifesté dans la rue et à l'entrée de l'immeuble. Ils ont tenté de casser la porte de mon bureau mais ils n'ont pas réussi», a-t-il dit à l'AFP. M. Ford a pu quitter le bureau au bout de deux heures et regagner l'ambassade, selon la même source.

La Maison Blanche a condamné cette attaque «injustifiée» et «injustifiable» et appelé le Sénat à confirmer sa nomination pour lui permettre de poursuivre sa mission «courageuse».

Les ambassadeurs de France et des Etats-Unis avaient irrité Damas en effectuant deux visites séparées le 8 juillet à Hama (centre). Cette ville avait été début juillet le théâtre de deux manifestations monstres contre le président Assad.

Discussions à Istanbul

A Istanbul, le Conseil national syrien (CNS) et plusieurs autres partis et personnalités importants discutent à huis clos pour définir la composition et les instances dirigeantes du principal conseil d'opposition, a déclaré jeudi à l'AFP sa porte-parole Bassma Kodmani. Ces discussions précèdent la tenue samedi et dimanche d'une réunion officielle du CNS.

La représentante des Etats-Unis au Conseil des droits de l'homme, l'ambassadrice Eileen Chamberlain Donahoe, a par ailleurs salué jeudi à Genève la formation d'une commission d'enquête internationale sur les violations commises en Syrie. Et à Strasbourg, le Parlement européen a demandé la libération immédiate de Rafah Nached, une psychanalyste syrienne de renom arrêtée le 10 septembre à Damas, ainsi que de «tous les prisonniers arrêtés de façon arbitraire».

(ats)

Les Etats-Unis condamnent l'attaque contre leur ambassadeur

La Maison Blanche a condamné jeudi l'attaque «injustifiée» et «injustifiable» contre son ambassadeur en Syrie, Robert Ford, et appelé le Sénat à confirmer sa nomination pour lui permettre de poursuivre sa mission «courageuse».

«Jour après jour, l'ambassadeur Ford prend des risques personnels très importants pour soutenir les aspirations légitimes du peuple syrien», a affirmé le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, après que le diplomate eut été, selon un opposant, houspillé par des manifestants pro-régime à Damas.

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