Crise en Egypte: Les USA ont discuté du départ de Moubarak
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Crise en EgypteLes USA ont discuté du départ de Moubarak

De nouvelles manifestations sont prévues vendredi à l'appel des opposants au régime qui espèrent le départ du président Moubarak. Les Etats-Unis se sont positionnés.

Des responsables américains ont annoncé jeudi soir qu'ils discutaient avec des dirigeants égyptiens des moyens d'une transition du pouvoir.

Le «New York Times» rapportait jeudi que l'administration Obama négociait avec des responsables égyptiens une proposition pour une démission immédiate de Moubarak.

La Maison blanche n'a pas confirmé les informations du «Times» mais a reconnu que le dialogue était engagé avec les Egyptiens pour tenter de résoudre la crise qui dure depuis 10 jours.

Tommy Vietor, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison blanche, a indiqué que Barack Obama a déclaré que le temps est venu d'entamer «une transition pacifique, ordonnée et profonde grâce à des négociations exhaustives crédibles».

«Nous avons discuté avec les Egyptiens des divers moyens de faire avancer ce processus, mais toutes ces décisions doivent être prises par le peuple égyptien», a-t-il ajouté. Selon un haut membre de l'administration, plus d'une option serait actuellement en discussion.

Suivant une proposition évoquée par le «Times» qui cite des responsables américains et des diplomates arabes, Moubarak remettrait son pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par le vice-président Omar Souleimane avec le soutien de l'armée.

Le «Vendredi du départ»

En Egypte, les organisateurs de la manifestation espèrent mobiliser, comme le 28 janvier, un million de personnes après la prière musulmane hebdomadaire, en début d'après-midi.

Après avoir rejeté l'appel du régime «illégitime» au dialogue, la confrérie islamiste des Frères musulmans, honnis par le pouvoir, ont estimé que les appels aux négociations «n'influeront pas sur les rassemblements de masse prévus vendredi pour faire tomber le régime».

L'opposition, composée également de partis laïques et de mouvements issus de la société civile comme la Coalition nationale pour le changement qui s'est formée autour du prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei, a fait du départ immédiat de M. Moubarak une condition pour négocier avec le régime.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, sur la place Tahrir, des milliers de manifestants ont de nouveau bravé le couvre-feu nocturne, campant sous des tentes et se réchauffant autour de feux, après une journée de heurts intermittents entre opposants et partisans de M. Moubarak.

Pas d'image dans la nuit de jeudi

Au moins huit personnes ont été tuées et plus de 800 blessées mercredi et jeudi matin dans de violents heurts entre les deux camps. Plus de 300 personnes ont péri la première semaine de la contestation, selon un bilan non confirmé de l'ONU.

Des dizaines de journalistes étrangers ont été battus, interpellés ou intimidés ces deux derniers jours, et aucune télévision n'a diffusé d'images en direct depuis la place Tahrir dans la nuit de jeudi à vendredi.

Jeudi, des centaines de partisans du régime armés de matraques, de couteaux et certains de pistolets, ont empêché pendant plusieurs heures l'entrée sur la place de renforts ou ravitaillement aux opposants qui y sont retranchés.

L'armée, épine dorsale du régime, surveille sans intervenir. Elle n'est intervenue que rarement pour disperser les protagonistes ou tenter de sauver des personnes agressées. (ats)

L'armée égyptienne a assuré aux Américains qu'elle n'ouvrira pas le feu

Le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen, a affirmé jeudi que les chefs de l'armée égyptienne lui avaient «réaffirmé» qu'ils n'ouvriraient pas le feu contre les manifestants, à quelques heures d'une nouvelle manifestation prévue en Egypte.

«Dans les discussions que j'ai eues avec leur commandement militaire, ils m'ont réaffirmé qu'ils n'avaient pas l'intention d'ouvrir le feu contre leur propre peuple», a déclaré l'amiral Mullen, chef d'Etat-major interarmes, lors d'une émission télévisée sur une chaîne cablée.

De nouvelles manifestations sont prévues vendredi en Egypte à l'appel du mouvement de contestation qui espère en faire la journée du départ du président Hosni Moubarak, après 10 jours de protestations et de violences meurtrières sans précédent dans le pays.

Les organisateurs espèrent mobiliser, comme le 28 janvier, un million de personnes après la prière musulmane hebdomadaire, en début d'après-midi.

Mercredi, l'amiral américain avait dit avoir «confiance» dans l'armée égyptienne pour assurer la sécurité du pays et du canal de Suez, après un entretien téléphonique avec son homologue, le général Sami Anan, selon le Pentagone.

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