Les Vaudois ont corrigé le tir, après les élections d'octobre
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Les Vaudois ont corrigé le tir, après les élections d'octobre

Les Vaudois ont privilégié l'équilibre dimanche en élisant Géraldine Savary et Luc Recordon au Conseil des Etats.

Erreur de casting, défiance à l'égard des allégeances partisanes expliquent la défaite du duo bourgeois. Le parti radical surtout est mis en échec.

Le canton n'a pas basculé à gauche dimanche. En revanche le choc reçu dimanche 21 octobre avec la montée en puissance de l'UDC dans le canton et en Suisse a sans doute mobilisé l'électorat, a expliqué le politologue René Knüsel lundi à l'ATS. Quasi 90 000 électeurs ont entendu le message du tandem de gauche appelant à corriger le tir.

Tous cousins

Géraldine Savary et Luc Recordon ont réalisé un score impressionnant: ils ont plus que doublé leurs suffrages, alors que le radical Charles Favre et l'UDC Guy Parmelin ont obtenu moins de voix qu'au premier tour. Les Vaudois ont choisi des personnalités plutôt qu'un bord politique, a-t-il relevé.

«Avec une femme et un homme de deux tendances différentes, le ticket rose-vert est beaucoup plus équilibré que le duo bourgeois. A droite, on a eu l'impression d'un discours unique et assez peu nuancé autour de l'UDC», souligne le politologue.

Charles Favre n'a que peu cherché à se distancer de Guy Parmelin qui partait en conquérant, fort de la victoire de son parti au National. Le radical est apparu comme un «clone» de l'UDC.

Fuire la tendance zurichoise

Certains radicaux ne se sont pas retrouvés dans ce tandem. Ils n'ont pu s'associer à cette tendance tranchante venue de Zurich, à cette nouvelle manière de faire de la politique, avec une campagne extrêmement dure. Celà explique des absentions et des votes sur des listes dissidentes.

Plus que d'un vote sanction, René Knüsel parle d'une désorientation des radicaux, ballottés entre différentes tendances. Celle de droite choisie dans le canton de Vaud n'a visiblement pas convaincu.

Electeurs «flottants»

Du côté de l'UDC, les électeurs «très flottants» qui se sont rendus aux urnes pour soutenir Christoph Blocher ne se sont pas retrouvés dans le vote du 11 novembre. L'UDC Suisse n'a cette fois- ci pas investi dans la campagne. Un facteur qui explique, selon le politologue, la baisse de la participation de quatre points malgré un enjeu très clair.

Les libéraux évincés du ticket de droite et l'électorat de petits partis comme l'UDF et Ecologie libérale ont certainement aussi renoncé à suivre les mots d'ordre donnés par leurs Etats- majors. Le choix affiché de l'énergie nucléaire a par exemple clairement prétérité le duo bourgeois.

L'appel du PDC à voter contre l'UDC a certes joué un rôle, mais le parti est faible dans le canton. Il a surtout montré clairement une aile centriste, anti-blochérienne, dans le parti vaudois, qui est un signal fort pour le parti suisse.

Succession au PS

Ce qui a compté, c'est que les roses-verts ont oublié leurs bisbilles passées et ont bénéficié des reports de voix des deux partis. Ils ont réussi une campagne exemplaire, en sachant garder leur propre vision sociétale. L'appui sans réserve des petits partis de gauche, après la claque du 21 octobre n'a pas été négligeable.

Le PS devait faire face à un gros défi de remplacer un conseiller aux Etats sortant, a relevé M. Knüsel. Et pour une fois, il n'a pas connu de problème de succession. Géraldine Savary s'est imposée comme une candidate naturelle, alors qu'il y a quatre ans personne n'aurait parié un kopeck sur elle.

Les Verts devront à leur tour retrousser leurs manches. A l'instar de Daniel Brélaz, leurs locomotives sont en train d'user l'électeur, a affirmé le politologue.

Ancrages traditionnels oubliés

Lors du scrutin de dimanche, la coalition bourgeoise a pris l'eau même dans des districts traditionnellement ancrés à droite comme le Pays d'Enhaut. Seul le district de la Broye et du Vully a donné ses suffrages à la droite. Les électeurs font des choix de moins en moins partisans, a constaté le politologue. (ats)

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