Automobile – Les véhicules hybrides consommeraient autant que les diesels
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AutomobileLes véhicules hybrides consommeraient autant que les diesels

Selon une étude valaisanne qui a analysé ces voitures, elles consommeraient 230% de plus que les valeurs des constructeurs. Un parlementaire avait déjà relayé le problème en 2020.

par
Christine Talos
Les valeurs de consommation indiquées des voitures hybrides avec batterie rechargeable ne correspondent de loin pas à la réalité.

Les valeurs de consommation indiquées des voitures hybrides avec batterie rechargeable ne correspondent de loin pas à la réalité.

Franziska Rothenbuehler

Les véhicules hybrides rechargeables seraient «une arnaque aux normes CO2, aux objectifs climatiques et aux consommateurs», selon une étude de l’entreprise lmpact Living, relayée par la RTS mercredi. La société valaisanne, mandatée par le canton du Valais, a passé au crible la consommation des voitures traditionnelles et celle des véhicules équipés d’un moteur électrique, avec une batterie rechargeable à la prise. Verdict: ils consomment 230% de plus que les valeurs annoncées par les constructeurs.

Selon Impact Living, les voitures hybrides sont loin de brûler 1,5 à 2 litres d’essence aux 100 comme indiqué sur leurs fiches. En situation réelle, elles consomment jusqu’à 7 litres aux 100, soit autant que les véhicules diesel. En outre, les hybrides ne sont pas meilleurs pour l’environnement. En effet, ils augmenteraient les émissions polluantes au lieu de les réduire. Et leurs batteries n’auraient qu’une très faible autonomie. Du coup, ces voitures basculent très vite sur leur moteur à essence tout en transportant en plus une batterie.

Les constructeurs abusent d’une lacune

Les fruits de cette étude ne surprennent pas le conseiller national Fabien Fivaz (Verts/NE). Il avait déjà interpellé le Conseil fédéral à ce sujet en 2020. «Des études en Grande-Bretagne et Allemagne ont révélé des résultats similaires», indique-t-il. Selon lui, le problème vient de la manière de calculer la consommation. «Les constructeurs abusent d’une lacune du protocole WLTP, comme à l’époque avec les moteurs diesel et le Dieselgate. Ce qui leur permet d’obtenir des consommations complètement farfelues», explique-t-il.

L’autre problème de ces voitures, c’est qu’elles pèsent nettement plus lourd que les véhicules à essence classique, parfois 500 kg de plus, même pour les plus petites, selon le Neuchâtelois. Ce qui augmente leur consommation. En outre, techniquement, rien n’oblige à recharger les hybrides rechargeables. Et une étude britannique a montré que 70% d’entre elles n’étaient justement jamais rechargées. «Ces véhicules cumulent donc les problèmes.»

Pour Fabien Fivaz, ces consommations si loin de la réalité trompent non seulement les automobilistes qui croient acheter un véhicule de classe énergétique A alors qu’il est en fait très polluant, mais aussi les autorités. En effet, plusieurs cantons, comme Neuchâtel, se basent sur les émissions de CO₂ pour taxer les véhicules.

De grosses amendes ainsi évitées

En outre, les constructeurs s’évitent ainsi des amendes. Car lorsqu’ils importent des voitures en Suisse, la loi impose que la consommation totale de leur parc automobile ne dépasse pas 118 g CO₂ par km. Pour y arriver, ils comptent sur les hybrides pour faire descendre au plus bas cette moyenne générale. «Ils évitent des amendes en important des véhicules qui polluent beaucoup plus que sur le papier. C’est une forme de «green washing» à plusieurs centaines de millions de francs», estime Fabien Fivaz.

Celui-ci réfléchit désormais à la manière de faire intervenir le Conseil fédéral. La loi sur le CO2, refusée par le peuple, prévoyait que Berne suive l’évolution des émissions de CO2 en condition de conduite réelle et prenne des mesures si l’écart était trop grand entre les émissions mesurées et celles constatées en condition réelle. «Il faudrait peut-être réintroduire cette possibilité dans la nouvelle loi», suggère le Neuchâtelois. Affaire à suivre donc.

Les hybrides sont plus vendues que les diesels

À noter que le diesel a été rattrapé par les hybrides en Europe. L’an dernier, il s’est en effet vendu au 3e trimestre plus de voitures hybrides que de diesel, selon l’association des constructeurs ACEA. Les hybrides non rechargeables se plaçaient en 2e position avec 20,7% de parts de marché, derrière les voitures essence qui restent les plus vendues (39,5%) mais devant les diesels (17,6%), qui ont perdu 10 points en un an.

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