Commerce de détail: Les ventes de Migros grimpent à l'international
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Commerce de détailLes ventes de Migros grimpent à l'international

Le géant helvétique a vu ses exportations bondir de 16 %, l'an passé.

Les affaires ont stagné dans le commerce de détail Migros.

Les affaires ont stagné dans le commerce de détail Migros.

Keystone

Les ventes des entreprises industrielles de Migros (M-Industrie) ont été à nouveau portées l'an dernier par les activités à l'international. Le chiffre d'affaires des exportations et sites à l'étranger a bondi de 16% en comparaison annuelle, à 790 millions de francs. Le marché domestique, lui, va rester difficile.

En dépit du franc fort, les exportations se sont étoffées de 9,4% sur un an, tirées une fois de plus par les capsules à café et le fromage, a annoncé mercredi M-Industrie. Le rachat des sociétés Ondal France en juillet et Idhéa en septembre a en outre renforcé le portefeuille à l'étranger, la première dans le domaine des cosmétiques, la seconde dans celui des sauces.

Comme déjà dévoilé en janvier à l'occasion de la publication des revenus pour l'ensemble du groupe Migros, le chiffre d'affaires des entreprises industrielles s'est établi à 6,4 milliards de francs. Ce qui correspond à une croissance de 2,1% par rapport à l'exercice précédent.

Sur le marché domestique, commerce de détail et de gros confondus, le contexte est resté exigeant, et devrait le rester en 2017, a souligné devant les médias à Buchs (AG) le directeur de M-Industrie Walter Huber. Le groupe industriel a pu néanmoins y accroître légèrement son chiffre d'affaires de 0,5% par rapport à 2015.

Marché domestique exigeant

Ici, l'acquisition ciblée du producteur de viande séchée valaisan Gabriel Fleury en début d'année, et celle de Sushi Mania en décembre, y ont contribué. Dans l'ensemble, les acquisitions ont généré 36 millions de francs de croissance, un impact positif toutefois annulé par les effets de change.

En Suisse, l'inflation négative continue de mettre les prix sous pression pour M-Industrie, a dit à l'ats Walter Huber. L'an dernier, le renchérissement négatif a pesé à hauteur de 0,6% sur l'ensemble du groupe Migros.

«A l'étranger, nos produits se positionnent dans le segment premium, contrairement à la Suisse, et sont vendus plus chers», explique le patron. Pour séduire la clientèle étrangère moyen et haut de gamme, ses entreprises peuvent en effet miser sur la bonne réputation de la qualité helvétique.

Dans l'ensemble, la plupart des secteurs d'activité ont vu leurs chiffres d'affaires à la hausse, depuis les viandes, volailles et poissons aux produits de soins. Le groupe Mibelle en particulier, qui réalise désormais 46,2% de son chiffre d'affaires à l'étranger, a généré 436 millions de francs ( 2,5% sur un an). En revanche, le segment pain, boulangerie, pâtes et glaces accuse un repli.

Ventes de détail plates

Les livraisons au groupe Migros, qui constituent le gros de l'activité, ont quant à elles progressé de 0,9% à 4,53 milliards de francs. Mais les affaires ont stagné dans le commerce de détail Migros - en données corrigées de l'inflation - tandis qu'elles sont en progrès avec Denner et LeShop.ch.

Pour le commerce de gros, l'environnement économique s'est avéré très difficile. Sur un an, les revenus se sont tassés de 1,5% à 1,07 milliard de francs. Le recul des visiteurs étrangers continue d'affecter la restauration et l'hôtellerie, le tourisme d'achat pèse sur le secteur, ce à quoi s'ajoute le déclin de l'activité Cash&Carry, explique Walter Huber.

Le groupe industriel rattaché au groupe Migros rassemblait sous l'année sous revue 23 entreprises établies en Suisse et sept sites de production et plateformes de négoce à l'étranger. Fin 2016, il totalisait 13'391 collaborateurs, dont quelque 1200 en poste à l'étranger.

Investissements

«Nous avons connu un développement solide et conforme à notre stratégie, avec une forte croissance à l'international», a estimé Walter Huber. La situation sur le marché domestique et le commerce de gros n'est pas, selon lui, «une nouvelle réalité».

Sur le marché indigène, le responsable voit un potentiel de croissance dans l'innovation et les marques et labels à valeur ajoutée, comme les produits bio. Et pour maintenir les marges, chaque entreprise doit également veiller à réduire ses coûts, a-t-il ajouté. L'an dernier, M-Industrie a investi plus de 200 millions de francs dans son appareil de production. Le nouveau couvoir de volaille à Avenches (VD) doit être opérationnel dès 2019.

A l'international, la campagne de promotion des dosettes de café va partir en tournée. Pour l'heure, le projet de collaboration avec le géant américain de la droguerie Walgreens est en suspens, a précisé le patron de Mibelle, Luigi Pedrocchi. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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