Actualisé 04.02.2009 à 15:43

Pharmaceutique

Les ventes de Roche ont reculé en 2008

Roche a souffert l'an dernier de la cherté du franc et de la baisse des ventes de son antigrippal Tamiflu. Le groupe pharmaceutique bâlois a vu son bénéfice net se contracter de 5% sur un an.

Le résultat n'a pas convaincu le marché, l'action perdant plus de 10%.

Roche a inscrit un bénéfice net de 10,84 milliards de francs, en raison du franc fort mais aussi de la baisse du produit financier à 200 millions de francs (-600 millions). Le résultat opérationnel a reculé de 4% à 13,9 milliards, a indiqué le géant pharmaceutique mercredi. En devises locales, il a en revanche augmenté de 4%.

Le chiffre d'affaires s'est tassé de 1% à 45,62 milliards. Exprimé en monnaies locales, il montre une progression de 6% par rapport à 2007, et de 10% en dollars.

Son concurrent rhénan Novartis a mieux tiré son épingle du jeu en terme de croissance. Il a dégagé un bénéfice net de 8,23 milliards de dollars (9,5 milliards de francs), en hausse de 25%. Le chiffre d'affaires a gagné 9% à 41,46 milliards de dollars. En monnaies locales, la croissance s'est inscrite à 5%.

Divisions phares

Le patron de Roche Severin Schwan s'est montré satisfait des résultats. Roche a atteint tous ses objectifs, s'est-il félicité devant la presse. Les deux secteurs - Pharma et Diagnostics - ont progressé plus vite que le marché malgré le contexte de crise.

Leur croissance a largement compensé le recul attendu de 1,6 milliard de francs des ventes à des gouvernements ou à des entreprises de l'antigrippal Tamiflu à titre antipandémique. Principal moteur, les médicaments contre le cancer, qui constituent 55% du chiffre d'affaires, ont généré un chiffre d'affaires de 20 milliards, bondissant de 15% sur un an.

La division Pharma, qui représente 79% des ventes, a dégagé un chiffre d'affaires de 35,96 milliards de francs, en baisse de 2% (&5% en monnaies locales). Son bénéfice d'exploitation est resté inchangé à 13 milliards (&8% en monnaies locales).

Diagnostics a engendré des ventes de 9,66 milliards de francs, en hausse sur un an de 3% (&10% en monnaies locales). Son bénéfice d'exploitation a toutefois chuté de 28% (-22% en monnaies locales) à 1,19 milliard. Roche explique ce repli notamment par des acquisitions et amortissements.

Prévisions optimistes

Pour 2009, sauf événements exceptionnels, le géant pharmaceutique table sur «un résultat très positif» et une croissance du chiffre d'affaires en monnaies locales «dans le milieu de la plage à un chiffre». Concernant ses bénéfices par titre rapporté aux activités de base à taux de change constant, le groupe vise un niveau «aussi élevé» qu'en 2008.

Les prévisions se comprennent sans Genentech, a rappelé Severin Schwan. Le groupe reverra ses objectifs lorsqu'il aura réalisé l'acquisition de la totalité de cette filiale américaine, dont il détient déjà 55,8%.

Roche a lancé la semaine passée une offre publique d'achat hostile, après une première offre amicale il y a six mois. La dernière proposition est «juste et attractive pour les actionnaires», a estimé Severin Schwan, en refusant néanmoins de dévoiler les détails de l'opération.

Marché déçu

Le marché n'a pas été convaincu. Il a sanctionné les incertitudes entourant le rachat de Genentech, des résultats en- dessous des attentes, ainsi que des prévisions jugées conservatrices. Le bon de jouissance Roche perdait plus de 10% dans l'après-midi, valant 146 francs vers 15h15, à son plus bas du jour.

Même avec le rachat de Genentech, Roche disposera de moyens financiers suffisants pour poursuivre sa stratégie d'acquisition de petites et moyennes entreprises, a ajouté le patron du groupe.

Le géant pharmaceutique va continuer à effecteur d'importants investissements dans la recherche et le développement de nouveaux médicaments. L'an dernier, les moyens investis ont augmenté de 19,4% à 8,8 milliards de francs. Douze produits étaient entrés en phase III de tests cliniques. Il pourrait y en avoir jusqu'à dix en 2009.

(ats)

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