Actualisé 24.02.2016 à 15:42

M-IndustrieLes ventes ont profité des acquisitions

Le groupe industriel a toutefois pâti l'an dernier du tourisme d'achat et de la retenue des consommateurs.

Chocolat Frey a dû restructurer ses activités d'exportation, avec l'abandon de certains points de vente «duty free» à l'étranger et des licenciements au siège argovien.

Chocolat Frey a dû restructurer ses activités d'exportation, avec l'abandon de certains points de vente «duty free» à l'étranger et des licenciements au siège argovien.

photo: Keystone

Les entreprises industrielles de Migros (M-Industrie) ont progressé l'an dernier, en Suisse comme à l'étranger, grâce aux acquisitions. Malgré l'abandon du taux plancher et la pression sur les prix, elles affichent une croissance réelle de 0,8% sur un an. La direction s'attend à une année 2016 également exigeante.

«Comparé à 2011, quand le franc s'est renchéri, nous étions après l'abandon du taux plancher mieux préparés», a souligné mercredi devant les médias à Zurich Walter Huber, patron de M-Industrie et membre de la direction générale de la Fédération des coopératives Migros. «Nous avons réagi plus rapidement», s'est-il félicité, évoquant les infrastructures, l'assortiment, la distribution.

Certes, le groupe industriel a pâti l'an dernier du tourisme d'achat et de la retenue des consommateurs sur son propre marché, tant sur le front du commerce de détail que de gros. Il doit son bilan aux acquisitions ciblées mais aussi aux compressions de coûts, y compris le gel de l'embauche dans certains secteurs.

Emplois créés

Comme annoncé en janvier avec les résultats du géant orange, les ventes de M-Industrie ont crû de 4% en comparaison annuelle, à 6,26 milliards de francs. Alors que les effets de change ont amputé de près de 2% les revenus, les acquisitions y ont contribué à hauteur de 5,1%.

La reprise, annoncée début 2015, du soleurois Lüchinger Schmid (L S), spécialisé dans les oeufs et produits à base d'oeuf, a dopé le commerce de gros de livraison. A l'international, une participation majoritaire dans la firme britannique Quantum Beauty Company (QBC) a renforcé la position dans les cosmétiques.

Chocolat Frey a dû lui restructurer ses activités d'exportation, avec à la clé, l'abandon de certains points de vente «duty free» à l'étranger et des licenciements au siège argovien. A fin 2015, M-Industrie occupait 13'113 salariés, soit 944 de plus sur un an, dont 456 nouveaux emplois créés en Suisse.

Réduction des prix

Dans le détail, les ventes au groupe Migros se sont étoffées de 2,1% à 4,49 milliards de francs, tirées par Denner, Migrolino et LeShop.ch. Dans le commerce de gros hors géant orange, malgré la morosité dans la restauration faute de touristes étrangers, le chiffre d'affaires a bondi de près de 10% à 1,09 milliard grâce à la première consolidation de L S.

Mais le site de production helvétique reste sous pression. «Le marché suisse ne risque guère d'être un moteur de croissance», prévient la direction. L'an passé, le segment des produits laitiers (-3,4%), des articles de boulangerie et pâtes (-0,5%) et des boissons (-1,1%) ont le plus souffert des réductions de prix.

M. Huber s'attend à ce que le contexte difficile perdure en 2016. M-Industrie englobe 21 entreprises en Suisse et 6 firmes à l'étranger. Le franc fort et la concurrence des importations mettent aussi les producteurs locaux au défi d'améliorer leur productivité.

Industrie 4.0 et davantage d'automatisation sont à l'ordre du jour, assure M. Huber. Quant à l'impact encore à venir sur l'emploi, le directeur ne se prononce pas. Si certaines activités exigent des économies, d'autres nécessitent plus de main-d'oeuvre, a-t-il expliqué.

Partenariats de poids

A l'international, les exportations et les ventes d'entreprises basées à l'étranger se sont étoffées l'an passé de 8,8% à 681 millions de francs. Malgré l'appréciation du franc, les premières ont augmenté de 6,3% hors effets de change, avec pour moteur les capsules à café et le fromage.

Sur ce front, M-Industrie mise sur des alliances avec des partenaires de poids, qu'elle fournit en marques exclusives. S'il en a l'ambition, le groupe n'a en effet pas les moyens de se positionner sur les 50 marchés vers lesquels il exporte, souligne Walter Huber.

Ainsi, la participation majoritaire de Mibelle dans QBC lui donne désormais accès au numéro un mondial de la droguerie et de la pharmacie, Walgreen/Alliance Boots. Une coentreprise avec le détaillant indien Future Group a aussi vu le jour. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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