Actualisé 04.05.2020 à 21:23

Canton de Neuchâtel

Les Verrières: «20 minutes» fait recours au TF

Le quotidien va recourir au Tribunal fédéral pour défendre son journaliste, accusé d'avoir outrepassé ses droits lors du procès du double homicide des Verrières (NE).

La maison aux Verrières dans laquelle s'était déroulé le double assassinat en août 2017.

La maison aux Verrières dans laquelle s'était déroulé le double assassinat en août 2017.

Le Tribunal cantonal de Neuchâtel a annulé le jugement du Tribunal de police qui acquittait un journaliste de «20 minutes» dans le traitement du double homicide des Verrières. Le quotidien gratuit fait recours au Tribunal fédéral.

Impressum se réjouit de cette décision, qui montre l'attachement à la liberté de la presse de l'éditeur.

«Il en va de la liberté d'expression et des médias», a expliqué lundi à Keystone-ATS Philippe Favre, rédacteur en chef de «20 minutes. «Nous estimons toxique pour la démocratie qu'un tribunal cantonal s'appuie sur une pratique neuchâteloise pour museler des journalistes. (...) Justifier la censure par une coutume locale est indigne de notre Etat de droit».

Dans sa décision du 7 avril, le Tribunal cantonal de Neuchâtel a annulé le jugement du Tribunal de police de Neuchâtel du 17 décembre 2019 qui acquittait le journaliste de «20 minutes». En première instance, la juge avait estimé que l'injonction - de ne pas dévoiler un élément de contexte familial pour protéger une victime - lors du procès de mars 2019 était une ingérence dans le contenu qui ne reposait sur aucune base légale.

Cité comme témoin lors du procès en décembre, le président du Conseil suisse de la presse, Dominique von Burg, avait rappelé que «rendre la justice de manière publique est fondamental pour la démocratie. Les restrictions doivent être très rares et répondre à un intérêt public très important». Lors d'un huis clos partiel, «le rôle du journaliste est encore plus important et son devoir d'information est accru».

Protection de la personnalité

Le Ministère public avait fait appel de ce jugement, car il estimait «qu'il existait une base légale suffisante pour privilégier, dans des circonstances exceptionnelles, la protection de la personnalité de ceux qui sont concernés par une affaire judiciaire, par rapport à la liberté de presse».

Le double homicide des Verrières fera encore couler de l'encre. Le jugement en appel se tiendra le 17 juin. (nxp/ats)

(NewsXpress)
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