Succession Couchepin: Les Verts «mûrs pour accéder au Conseil fédéral»
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Succession CouchepinLes Verts «mûrs pour accéder au Conseil fédéral»

Fort de 24 membres, le groupe des Verts se pose en arbitre de l'élection au Conseil fédéral.

«Les présidents des autres partis cherchent le contact (...) C'est la première fois que nous sommes considérés comme un partenaire à part entière» pour une telle élection, déclare leur président.

Alors que la cheffe du groupe parlementaire Maya Graf n'excluait pas hier de présenter un candidat, le Genevois Robert Cramer par exemple, Ueli Leuenberger n'y voit un intérêt que pour faire passer les thèmes du parti dans le débat. Le groupe se décidera samedi prochain.

Les Verts sont mûrs

Les Verts sont «mûrs pour accéder au Conseil fédéral mais les autres ne le sont pas», déclare Ueli Leuenberger dans «Le Matin». «A commencer par nos camarades socialistes qui semblent n'avoir toujours pas compris la stratégie que je défends: mobiliser nos électorats communs pour obtenir trois sièges ensemble au Conseil fédéral plutôt que de laisser un jour les bourgeois remplacer simplement un socialiste par un Vert».

Le président du parti et la cheffe du groupe ne partagent pas le même sentiment sur les critères d'élection. Alors que la Bâloise déclarait vendredi «qu'il ne s'agit pas de voter pour un parti mais pour une personnalité fiable», le Genevois affirme que «l'enjeu se situe d'abord au niveau des partis».

Plus près du PDC

Et les Verts ont objectivement plus de points communs avec le PDC, précise-t-il, «même si ce parti peine à tenir ses promesses au parlement. Quant aux radicaux, ils sont clairement pronucléaires et nous n'oublions pas qu'ils ont voulu supprimer le droits de recours en matière d'environnement», déclare Ueli Leuenberger.

C'est toutefois aller trop vite en besogne que d'affirmer que les Verts soutiendront Urs Schwaller. Il ne s'est pas encore beaucoup manifesté sur nos thèmes, mais s'il se montre convaincant lors de l'audition, il peut marquer des points, selon M. Leuenberger.

Pas un «latin lover»

Qu'il soit germanophone n'est pas déterminant pour cette élection, ajoute le conseiller national. Urs Schwaller ne sera certes jamais un «latin lover», mais il représente un canton romand et son parcours et ses connaissances compensent le déficit de sa non-latinité.

Ueli Leuenberger ne veut pas non plus condamner Fulvio Pelli, même s'il a défendu une ligne clairement anti-écolo. L'homme est étonnant: il a tout à la fois présidé le mouvement pro-européen de son canton et oeuvré au rapprochement de son parti avec l'UDC. Il peut donc réserver des surprises, surtout dans la fonction de conseiller fédéral.

Au dernier moment

Regrettant encore que cette campagne n'ouvre pas le débat sur les véritables enjeux politiques, Ueli Leuenberger pense que tout va se décider le jour et la nuit qui précéderont l'élection du 16 septembre.

Dans une autre interview au quotidien «Le Temps», le vice- président de l'UDC Yvan Perrin, confirme pour sa part que son groupe ne devrait pas voter pour un candidat du PDC. Notamment pas Urs Schwaller. «Nous avons de la mémoire», déclare le Neuchâtelois en référence au fait que le Fribourgeois fut un artisan de l'éviction de Christoph Blocher.

(ats)

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