Actualisé 23.08.2008 à 15:43

Politique

Les Verts toujours contre le nucléaire mais pour la «fumette»

Les Verts ont marqué leur 25e anniversaire en lançant une nouvelle offensive contre l'énergie nucléaire. Les délégués soutiennent par ailleurs l'initiative «Pour une politique raisonnable en matière de chanvre».

Ils ont adopté à l'unanimité samedi à Bienne une résolution contre la construction de toute nouvelle centrale nucléaire.

Les Verts ont ainsi enfourché l'un de leurs chevaux de bataille de prédilection. Pour leur président Ueli Leuenberger, le nucléaire et les projets de nouvelles centrales se heurteront à la plus ferme opposition. «Une opposition conduite par les Verts», a ajouté le conseiller national genevois lors de l'assemblée des délégués.

Dans leur résolution, les Verts demandent au Conseil fédéral et aux cantons un engagement «sans concession» contre la construction d'une nouvelle centrale. L'assemblée des délégués demande également une augmentation des moyens financiers prévus pour encourager les nouvelles énergies renouvelables.

Lutte anti-nucléaire

Pour la conseillère nationale bernoise Franziska Teuscher, l'on assistera à une renaissance de la lutte contre le lobby nucléaire. «Notre première mobilisation a été un succès», a-t-elle expliqué en faisant allusion aux 1900 oppositions déposées contre la demande d'exploitation illimitée de la centrale nucléaire de Mühleberg (BE) par FMB Energie. La lutte contre le nucléaire sera d'ailleurs au centre de la prochaine assemblée des délégués.

Trois nouvelles centrales nucléaires pourraient se profiler à l'horizon 2020. Le groupe Atel a déposé en juin la première demande d'autorisation pour un Gösgen II (SO). Axpo et FMB Energie SA vont faire de même d'ici à la fin de cette année pour remplacer les centrales de Beznau (AG) et de Mühleberg (BE).

Parti ambitieux

Ce 25e anniversaire des Verts a été l'occasion pour Ueli Leuenberger de se pencher sur la trajectoire du parti devenu aujourd'hui une force incontournable de la vie politique. Un essor que le Genevois attribue à une prise de conscience toujours plus marquée des citoyens pour les problèmes environnementaux.

«Nous devons poser clairement la question, pendant combien de temps encore la Suisse peut se permettre le luxe de ne pas inclure les Verts et leurs compétences pour diriger notre pays», a déclaré l'écologiste. Après avoir hésité, les Verts revendiquent un siège au Conseil fédéral.

Appel aux partis

S'adressant aux autres partis politiques, Ueli Leuenberger a déploré leur frilosité à s'engager plus activement en faveur du développement durable en dépit des dangers liés aux changements climatiques. «Au niveau national, nous devons mettre les autres partis face à leurs responsabilités», a-t-il lancé.

Le président des Verts demande en particulier aux radicaux et au PDC de respecter leurs engagements formulés dans leurs programmes électoraux sur le thème de la protection de l'environnement. Il a appelé ces deux partis à s'engager avec les Verts pour aller de l'avant dans le développement des énergies renouvelables.

Mots d'ordre

Les Verts suisses ont également arrêté, sans aucune surprise, leurs mots d'ordre en vue des votations fédérales du 30 novembre. Ils recommandent à l'unanimité de rejeter l'initiative radicale visant à limiter le droit de recours des organisations.

Les délégués ont en revanche appelé à accepter l'initiative «Pour une politique raisonnable en matière de chanvre» par 132 voix contre 8 et 11 abstentions. Toujours en matière de toxicomanie, le parti soutient sans réserve la révision de la loi sur les stupéfiants.

L'assemblée a également apporté son soutien par 136 voix contre 1 et 19 abstentions à l'initiative pour un âge de l'AVS flexible. A une très grande majorité, elle recommande en outre de rejeter l'initiative de l'association Marche Blanche en faveur de l'imprescriptibilité des actes de pornographie enfantine. (ats)

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