Genève: Les Verts veulent mettre la pression sur l'aéroport
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GenèveLes Verts veulent mettre la pression sur l'aéroport

Les Verts ont déposé plusieurs textes pour répondre à l'urgence climatique. Deux d'entre eux concernent Cointrin.

par
Léonard Boissonnas
La protection de l'environnement figurerait parmi les missions de l'aéroport.

La protection de l'environnement figurerait parmi les missions de l'aéroport.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Passer aux mesures concrètes. Tel est le but des Verts genevois, qui vont déposer deux projets de loi et deux motions en faveur du climat, à la prochaine session du Grand Conseil, début octobre. Parmi ceux-ci, un projet modifiant la loi sur l'aéroport de Genève. Le texte demande que la protection de l'environnement fasse désormais partie des missions de la plateforme aéroportuaire. En outre, il réclame la mise en œuvre d'une «stratégie spécifique» pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, il s'agirait d'imposer par un cadre légal un objectif correspondant à celui du plan climat cantonal. Celui-ci vise à atteindre en 2030 les mêmes émissions qu'en 2014.

«Rien ne va se passer si on ne fait rien»

«Aujourd'hui, on n'en est qu'au stade de l'intention, rien ne va se passer si on ne fait rien», déclare le député Yvan Rochat, auteur du projet législatif. Inscrire un objectif dans la loi, explique-t-il, permettra notamment de prendre des mesures en cas de non-respect, comme par exemple refuser des demandes pour un développement de capacité.

De son côté, Genève Aéroport précise que les émissions de CO2 en 2014 pour les trajets aériens au départ de Genève s'élevaient à 1,3 million de tonne. L'institution indique que cet objectif du plan climat cantonal «ne sera pas facile à atteindre», mais s'efforce de le faire par le biais d'une série de mesures: sortie du fossile pour le chauffage et le refroidissement des bâtiments d'ici 2025, électrification de la flotte de véhicules de l'aéroport et de ses partenaires, taxes incitatives pour le renouvellement de la flotte d'avion, ou encore incitations à la compensation carbone par les passagers.

Financement du plan cantonal

Par ailleurs, les Verts vont déposer une motion demandant que l'aéroport participe au financement du plan climat cantonal via une partie de son bénéfice. «L'aéroport émet un quart des émissions du canton, c'est important qu'il en fasse partie», juge la députée, Isabelle Pasquier, à l'origine du texte. Il propose d'affecter la part de 50% prélevée par l'Etat sur le bénéfice de l'aéroport, soit 42 millions en 2018, à des mesures de réduction des émissions du gaz à effet de serre. La motion veut également augmenter cette contribution d'au minimum 10%.

Neutralité carbone d'ici à 2050

Les Verts souhaitent également agir en modifiant la constitution genevoise avec l'inscription de l'urgence climatique et un objectif de neutralité carbone d'ici à 2050 au plus tard. Les caisses de pension relevant du droit public et la Banque cantonale de Genève (BCGe) seraient invitées à lutter contre le réchauffement climatique au moyen d'investissements respectueux du climat. Des objectifs intermédiaires pour 2030 et 2040 permettraient de suivre l'élaboration de ces plans et «éviter d'attendre 2049» pour le faire, comme l'a précisé Pierre Eckert. Enfin, les Verts ont demandé à l'association Noé 21 d'analyser le 2e volet du plan climat cantonal. Le but est d'évaluer l'efficacité des mesures, ainsi que les moyens de suivi, et de proposer des mesures additionnelles, a expliqué Delphine Klopfenstein Broggini. Les résultats seront publiés début 2020.

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