Combat: Les victimes de prêtres abuseurs se liguent

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CombatLes victimes de prêtres abuseurs se liguent

Une association de personnes abusées au sein de l'Eglise catholique lance
sa campagne de recrutement.

par
Raphaël Pomey
En juin 2010, le pape avait demandé pardon pour les abus commis au sein de l'Eglise catholique.

En juin 2010, le pape avait demandé pardon pour les abus commis au sein de l'Eglise catholique.

«Ne vous laissez pas réduire au silence: rejoignez-nous!» Mardi et samedi prochain, cet appel publié dans divers journaux devra attirer les victimes d'ecclésiastiques auprès du Groupe SAPEC (Soutien aux Abusé-e-s par des prêtres de l'Eglise Catholique).

Méfiants vis-à-vis de la réponse de l'Eglise

Présidée par Jacques Nuoffer, un psychologue victime de sévices au début des années 60, le groupe demande notamment une réparation financière pour les abusés. Autre but, obtenir des infos précises sur les auteurs de délits sexuels. L'association se veut une réponse à l'inefficacité supposée de la commission anti-pédophile «SOS prévention», mise sur pied en 2008 par le Diocèse de Vaud, Fribourg et Genève. «Les curés agresseurs sont systématiquement couverts au nom de la protection de leur sphère privée», peste Jacques Nuoffer.

Des critiques incomprises

Présidente de la commission, l'ancienne juge d'instruction Françoise Morvant ne comprend pas cette critique: «Que voulez-vous, les faits rapportés chez nous ont souvent 40 à 50 ans, ils sont archi-prescrits!» Un autre collaborateur de l'Eglise assure qu'il y a une vraie volonté de «faire le ménage» au sein de l'Institution.

Spécialiste des questions religieuse à la TSR, André Kolly précise qu'un dédommagement financier des victimes à l'américaine, tel que présenté comme modèle par le SAPEC, n'a pas été accepté par tous les diocèses de l'Oncle Sam. Selon lui, le travail de la Commission «SOS Prévention» est «sévère» et aurait été mené avec un grand sérieux, du moins lors de ses premiers mois d'activités.

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