Pédophilie/Belgique: «Les victimes doivent s'adresser à la justice»
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Pédophilie/Belgique«Les victimes doivent s'adresser à la justice»

Le ministre belge de la Justice Stefaan De Clerck a assuré vendredi soir que les victimes de prêtres pédophilesdevaient en premier lieu s'adresser aux autorités judiciaires.

Ci-dessus, le ministre belge de la Justice Stefaan De Clerck.

Ci-dessus, le ministre belge de la Justice Stefaan De Clerck.

Le ministre belge de la Justice Stefaan De Clerck a assuré vendredi soir que les victimes de prêtres pédophiles, qui se comptent par centaines en Belgique, devaient en premier lieu s'adresser aux autorités judiciaires, sans toutefois exclure tout rôle pour l'Eglise.

«En premier lieu, c'est bien évidement à la Justice que doivent s'adresser les victimes», a déclaré devant une commission parlementaire le ministre, à qui des députés ont reproché d'avoir négligé le principe de la séparation entre l'Eglise et l'Etat au cours des derniers mois.

Membre du parti chrétien-démocrate flamand CD&V, M. De Clerck est à l'origine d'un «protocole» qui organisait l'échange d'informations entre les parquets du royaume et la commission créée par l'Eglise pour le «traitement des cas d'abus sexuels sur mineurs dans le cadre d'une relation pastorale».

La publication le 10 septembre du rapport final de cette commission, que dirigeait le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, a fait l'effet d'une bombe, en révélant près de 500 cas d'abus sexuels sur mineurs commis par des ecclésiastiques, principalement des années 50 aux années 80, et en faisant état de 13 suicides de victimes.

L'Eglise catholique belge, ébranlée par ce scandale d'une ampleur inédite, a annoncé lundi la création dans quelques mois d'une nouvelle structure d'accueil, une initiative dénoncée par des associations de victimes et par plusieurs partis politique qui craignent que ce nouveau centre ne décourage les victimes de porter plainte.

Le ministre de la Justice a souligné que l'existence de la «commission Adriaenssens» avait fait un travail «remarquable» en permettant à quelque 500 personnes de s'exprimer, alors qu'elles ne l'avaient jamais fait devant un juge.

«J'ai le sentiment que vous n'avez pas pris l'exacte mesure de l'importance de la séparation de l'Eglise et de l'Etat», a lancé le député libéral Daniel Bacquelaine.

Le ministre a reconnu qu'il fallait «changer de cap» en limitant le rôle de l'Eglise à son «fonctionnement interne et aux questions déontologiques et pastorales». «La répétition d'une initiative comme la commission Adriaenssens n'a pas beaucoup de sens», a-t-il ajouté.

(afp)

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