Genève - Les vignerons ont retrouvé le grand public ce week-end
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GenèveLes vignerons ont retrouvé le grand public ce week-end

La première édition de la Fête du vignoble s’est tenue ce week-end, dans une cinquantaine de caves. Reportage à Dardagny où près de 1500 personnes ont répondu présent.

par
Leila Hussein
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Malgré la pluie, le public a fait le déplacement vendredi à Dardagny, à l’occasion de la première édition de la Fête du vignoble. Dix domaines s’étaient réunis sur un site d’exception, le château du village, pour faire déguster leurs vins. Comme eux, ce week-end, 52 caves genevoises ont ouvert leurs portes à la population. «Il fallait que les vignerons renouent avec le grand public», confie Denis Beausoleil, président de l’Office de promotion des produits agricoles de Genève (Opage), à l’origine de l’événement.

Une fête plus intimiste

Basé sur le même concept que les caves ouvertes, rendez-vous annuel qui réuni plusieurs milliers de personnes à la fin de mai, la Fête du vignoble avait pourtant une saveur particulière. «Quand il y a trop de monde, on se marche dessus. Là, c’est plus ambiance village. Tout le monde se connaît», confient deux amis trentenaires, un verre de rouge à la main. Le côté intimiste a aussi séduit Magali et Thomas. «Je préfère le petit comité. Les vignerons sont plus accessibles si on veut discuter. C’est agréable.»

«Il est très poivré ce rouge. Il se marie bien avec la chasse. Un petit sanglier par exemple», conseille Claudio Stefani à une cliente au Domaine de la Donzelle. Du côté des caves, ce concept «un peu moins foire» plaît également. «C’est un format qui permet de revenir à l’essentiel: faire découvrir nos vins et avoir un retour des gens», estime Alban Couillaud du Domaine de la Planta, qui constate la présence d’une clientèle plus avertie, tout comme Sophie Dugerdil. «C’est vrai que les gens ont l’air de savoir ce qu’ils veulent goûter et ce qu’ils aiment. C’est très ciblé», relève la patronne du Domaine Dugerdil.

Soutenir les vignerons

«Comme les gens ont souffert du Covid, on a une autre approche. On est là pour soutenir les producteurs locaux. Il y a un intérêt sincère pour les produits», relève Etsuko, grande amatrice de vins. Chantal et Yves illustrent parfaitement cette prise de conscience. «On achetait beaucoup de vins du Sud, mais avec la pandémie, on s’est dit qu’il fallait faire un effort et changer nos habitudes.»

Après l’annulation des caves ouvertes en 2020 et cette année, ces retrouvailles étaient très attendues. « Cela manquait. On est ravi d’être ici », confie Etsuko. «Avec le virus, il a fallu s’adapter. Aujourd’hui, ça remplace un peu les caves ouvertes. Et puis, les gens ont envie de faire des choses durant l’été», relève Guillaume du Domaine des Hutins. Ce rendez-vous était l’occasion pour les vignerons de revoir leur public, mais aussi de se retrouver entre eux, souligne Jules, employé à la vigne au Domaine Dugerdil. «On va rarement dans les autres domaines le reste de l’année. Ce genre d’événement permet aussi de nouer des liens et de parler de l’année à venir.» Ou encore de «déguster les produits de nos voisins pour comparer et voir où on se situe», confie Alban Couillaud.

Après le Covid, la pluie

Après une année 2020 marquée par la pandémie, en 2021, la profession fait face à un nouveau défi. «D’abord le Covid, maintenant la pluie, on n’est pas épargné. C’est un combat qui continue. Chaque jour, on bataille pour préserver nos vignes», regrette Sophie Dugerdil. Et pour cause, les précipitations favorisent l’apparition de maladies fongiques, comme le mildiou et l'oïdium. Pour ne rien arranger, la météo a été capricieuse durant un moment crucial. «Le mois de juin est l’une des périodes où la vigne pousse le plus. Elle peut prendre jusqu’à 15 cm par jour», explique Alban Couillaud, qui décrit «un stress permanent depuis deux mois. La difficulté, c’est de réussir à traiter une fois que c’est sec. Mais dès qu’on le fait, il pleut de nouveau et on est bon pour recommencer.»

«La Fête du vignoble a de l’avenir»

Au château de Dardagny, près de 1500 amateurs de vins ont été accueillis vendredi soir et samedi durant la journée. «Les gens ont répondu présent malgré la pluie. Ils sont intéressés, curieux. Pour moi, c’est un succès», se réjouit Sophie Dugerdil qui se dit prête à retenter l’expérience. Si la fréquentation n’a pas été aussi importante que lors de la journée des caves ouvertes (en moyenne 10'000 personnes à Dardagny), Denis Beausoleil y voit «une manifestation complémentaire. C’est un événement très humain, qui permet d’avoir un accès direct aux vignerons. La Fête du vignoble a de l’avenir.»

Mais c’est aux vignerons que revient la décision d’organiser ou pas une nouvelle édition l’année prochaine, rappelle le président de l’Opage. Les professionnels genevois ont prévu de se réunir à la fin du mois pour faire le point.

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