Actualisé 24.01.2011 à 12:49

Charges financièresLes villes demandent 112 millions à Berne

Les villes suisses veulent une meilleure compensation des charges particulièrement élevées qu'elles assument.

Les villes suisses exigent les 112 millions de francs supplémentaires que la Confédération compte octroyer dans le correctif de la péréquation financière pour 2012-2015.

Ces moyens doivent être affectés entièrement à la compensation des charges socio-démographiques, a exigé lundi l'Union des villes suisses (UVS) lors d'une conférence de presse. Deux études à l'appui, l'UVS a montré que les charges qui plombent les villes de plus de 20'000 habitants sont en moyenne 39% plus élevées que celles des petites communes. Et les villes en assument 90%.

Les Chambres fédérales doivent encore se prononcer sur les correctifs de la péréquation financière pour la période 2012-2015. Au terme d'un accord passé avec les cantons, le Conseil fédéral, après avoir renâclé, a accepté de verser 112 millions de plus par an. Mais il propose de ventiler ces moyens dans plusieurs fonds.

Aide sociale et santé

Dans les villes et les communes urbaines, la part des personnes en situation précaire est particulièrement élevée, a rappelé la directrice de l'UVS Renate Amstutz. En font partie les personnes âgées, les chômeurs de longue durée et une partie de la population étrangère. Ceci explique les dépenses relativement élevées de l'aide sociale, de la santé et de la sécurité publique dans les villes.

S'y ajoutent les charges particulières des villes centres, qui sont liées à leur fonction. Certaines tâches de la sécurité publique et des transports en font partie.

La facture aux villes

Autre inquiétude de l'UVS, la tendance de la Confédération à économiser sur le dos des villes. Selon elles, l'impression se renforce: une bonne part de ce que la Confédération économise, par exemple avec la révision de l'AI, de l'assurance-chômage ou le programme de consolidation, se retrouve au niveau des coûts des cantons et des communes.

Cette évolutionne ne s'observe pas seulement avec les assurances sociales, mais aussi dans le domaine de la protection de l'environnement ou dans la politique des transports, a dénoncé le maire de St-Gall Thomas Scheitlin.

Ce dernier rappelle que d'autres frais sont apparus, comme le phénomène du «littering»: le nettoyage des rues et routes dans les villes suisses a coûté 140 millions en 2009. Le nouveau financement des hôpitaux, en préparation, pourrait aussi entraîner des charges supplémentaires pour les villes.

Péréquation pas remise en cause

Le syndic de Lausanne et vice-président de l'UVS Daniel Brélaz a rappelé que les villes sont conscientes d'être les moteurs économiques et les centres culturels du pays. Elles ne remettent pas en question la péréquation des ressources, qui sert à équilibrer la situation des régions financièrement fortes ou plus faibles de Suisse.

Mais les villes estiment qu'à l'avenir, lors de l'élaboration de nouvelles lois ou de la révision de lois existantes, il est important d'examiner en détail les conséquences sur les communes.

(ats)

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