20.09.2018 à 22:16

Lausanne«Les villes ont été pensées par et pour des hommes»

La ville organisait jeudi une promenade pour débusquer les aménagements mal pratiques ou peu rassurants pour les usagères.

de
Pauline Rumpf

«Les villes ont été pensées, durant des siècles, par des hommes et pour des hommes.» Partant de ce constat toujours plus répandu, notamment en Europe, une députée a déposé en 2016 un postulat destiné à revisiter cet espace avec des yeux féminins. «Quand on se déplace avec une poussette, par exemple, les escalators sont vite un problème», décrit Sarah Neumann, conseillère communale socialiste.

Pour débusquer les aménagements problématiques, une marche exploratoire a d'abord été organisée jeudi dans le centre-ville. Ouverte principalement aux femmes, elle a permis à chacune de décrire les éléments problématiques. En lien avec le débat sur le harcèlement de rue, c'est souvent le sentiment d'insécurité qui est cité. Manon, participante à la marche, assure par exemple que malgré ses 30 ans, elle évite certains quartiers la nuit.

«Les améliorations profiteront à tous»

Dans un deuxième temps, quelques solutions simples pourraient être mises sur pied, comme un meilleur éclairage dans les endroits peu rassurants, des rampes pour poussettes sur les escaliers, des bancs plus accueillants, ou des ascenseurs vitrés pour éviter le côté confiné et parfois inquiétant de la cage métallique.

«C'était important d'entendre l'avis des usagères, explique Florence Germond, Municipale chargée de la mobilité. Mais les améliorations profiteront aussi à d'autres catégories de gens, comme les seniors, les enfants, ou les personnes à mobilité réduite. Et évidemment, aux hommes avec poussette. Nous voulions penser à l'universalité de la ville.»

Une tendance romande

La question de l'environnement urbain genré se pose dans de nombreuses villes romandes, comme à Yverdon et Fribourg. A Genève, c'est les aménagements sportifs qui ont été analysés, car un terrain de foot est par exemple surtout prisé par les garçons, rappelait «Migros Magazine» en mai. Outre Sarine, les marches participatives sont moins à la mode au profit de l'action institutionnelle, indique Cindy Freudenthaler, cheffe de projet au Büro für Mobilität, mandaté jeudi.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!