Actualisé 16.10.2008 à 17:01

Réchauffement climatiqueLes Vingt-sept réaffirment leurs objectifs

L'Union européenne a maintenu jeudi l'objectif d'un accord des 27 dès décembre sur son plan de lutte contre le réchauffement climatique, malgré la crise financière et économique.

Elle a également enteriné le pacte pour l'immigration et l'asile, promu par la France.

Les dirigeants européens se préparent désormais à 2 mois et demi de négociations difficiles pour sauver le plan d'ici décembre. Et ce d'autant plus que les Etats les plus critiques ont obtenu jeudi, lors d'un sommet à Bruxelles, un droit de veto sur sa version finale.

Ils demandent à la présidence française de l'UE et à la Commission de chercher «dans les prochaines semaines» des «solutions appropriées» pour la mise en oeuvre de ces directives en prenant en compte «la situation spécifique de chacun» et en veillant à un «rapport coût-efficacité satisfaisant».

Droit de veto

Le Conseil européen s'efforce de répondre aux objections de pays membres de l'UE, en particulier des pays d'Europe centrale et orientale comme la Pologne, mais aussi de l'Italie. Ces pays jugent les modalités d'application du «paquet énergie-climat» pénalisantes pour leurs économies, surtout au moment où la crise financière contamine l'économie réelle.

Les discussions vont commencer dès lundi, avec une réunion des ministres de l'Environnement à Luxembourg.

«Flexibilités»

La Commission a présenté le 23 janvier 2008 quatre projets de directives visant à mettre en application des orientations arrêtées en mars 2007 par le Conseil européen pour contribuer à limiter la hausse de la température moyenne mondiale à 2 degrés maximum en 2050 par rapport à l'époque préindustrielle

La présidence française et la Commission française vont maintenant s'attacher à rechercher des «flexibilités» dans l'application des futures directives.

La mesure la plus controversée est la proposition de mettre aux enchères chaque tonne de CO2 émise par l'industrie lourde - 40% des 2,2 milliards de tonnes émises chaque année par l'Union - à compter du 1er janvier 2013 et de consacrer les fonds ainsi recueillis à la transition vers une énergie propre.

Dérogations possibles

La présidence française propose notamment que les Etats les plus vertueux soient autorisés à vendre des quotas d'émission de gaz à effet de serre à ceux qui auront plus de difficultés.

De même, pour faciliter la réalisation des objectifs nationaux, les Etats membres seraient autorisés à reporter d'une année sur l'autre une part des réductions annuelles attendues et à échanger entre eux les droits d'émission.

Plusieurs organisations de défense de l'environnement ont salué le maintien de l'objectif de parvenir à un accord en décembre.

Réguler les flux migratoires

Par ailleurs, les dirigeants européens ont également approuvé jeudi le pacte pour l'immigration et l'asile, appelé à réguler les flux migratoires en fonction des besoins en main d'oeuvre des Etats de l'UE.

Ce pacte, dont Nicolas Sarkozy avait fait l'un des principaux objectifs de la présidence française de l'UE, avait déjà fait l'objet d'un accord entre les ministres chargés des politiques d'immigration et d'asile des Vingt-sept, le 25 septembre.

Il «exprime l'engagement de l'Union européenne et de ses Etats membres de mener une politique juste, efficace et cohérente face aux enjeux et aux opportunités que représentent les migrations», est-il indiqué dans les conclusions du Conseil.

«Cette politique commune doit reposer sur une bonne gestion des flux migratoires, dans l'intérêt non seulement des pays d'accueil mais également des pays d'origine et du migrant lui-même», est-il précisé. Le texte ajoute que la mise en oeuvre du pacte fera l'objet d'un débat annuel à compter du Conseil européen de juin 2010.

(ats)

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