Journée internationale des femmes: Les violences sexuelles ont «fait métastase» en RDC
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Journée internationale des femmesLes violences sexuelles ont «fait métastase» en RDC

Denis Mukwege, le médecin congolais qui a «réparé» des milliers de femmes, s'est exprimé lundi à Genève.

photo: Kein Anbieter

Les violences sexuelles contre les femmes restent importantes en RDC. Malgré un léger recul, elles ont «fait métastase». Parmi les victimes figurent même des bébés, souvent en zone minière, a dit lundi à Genève le docteur et lauréat du Prix Sakharov Denis Mukwege.

En une quinzaine d'années, le médecin congolais a «réparé» près de 40'000 femmes dans son hôpital de Panzi, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC). «Ça n'a pas cessé. On a alerté, ça marche difficilement», a affirmé au Club suisse de la presse M. Mukwege, à la veille de la Journée internationale des femmes.

Le médecin doit s'exprimer mardi lors d'une discussion au Conseil des droits de l'homme. Il doit aussi participer mardi soir à un débat au Festival du film international des droits humains (FIFDH) où un documentaire sur les femmes et sur lui doit être projeté.

En RDC, le nombre de femmes touchées a diminué, comme les combats. De dix personnes par jour, il est passé à environ 2500 par an. Avant les victimes venaient de zones en conflit. Actuellement, de plus en plus d'entre elles arrivent de régions qui ne sont pas l'objet de combats, dit M. Mukwege.

Plusieurs centaines d'enfants touchés

Depuis deux ans, de plus en plus d'enfants sont abusés. Les enfants nés du viol sont à leur tour violés. Pointées du doigt, les bandes armées sont accusées de mener des viols méthodiques pour «détruire le tissu social» et faire fuir les habitants de villages où des minerais sont extraits. «Vous ne pouvez pas violer 300 femmes d'un village en une année si vous ne l'avez pas planifié», estime le lauréat du Prix Nobel alternatif.

Et le Dr Mukwege d'appeler les Européens à voter une loi contraignante pour garantir l'approvisionnement de minerais propres. Une législation existe déjà aux Etats-Unis, sans être vraiment efficace, ajoute-t-il. Le consommateur doit aussi se mobiliser.

Le degré des violences empire également. Des femmes sont éventrées. Des mises en scène sont prévues pour pousser la population à fuir. Les abus sont complétés de tirs sur les parties visées. Le système urinaire et intestinal est parfois déchiré, précise le réalisateur du documentaire «L'homme qui répare les femmes».

Certaines filles ont parfois besoin de dix opérations réparatrices et ne pourront jamais avoir une vie sexuelle adaptée. Un mode de violences qui a visé 205 enfants en deux ans.

Demande de gel des avoirs

Face à ce problème, les enfants conditionnés au viol par les groupes armés ne doivent pas être intégrés ensuite aux forces militaires congolaises, demande le médecin. «Le gouvernement devrait tenir compte de cela» et les femmes lui demandent des excuses pour les violences.

Autre appel, lancé aux hommes dans leur ensemble. «Les hommes doivent faire au XXIe siècle les efforts que les femmes ont faits au XXe siècle» pour changer les mentalités. De plus en plus parmi eux se lèvent. La majorité des hommes ne sont pas des violeurs, mais ne disent rien, déplore-t-il toutefois.

Son hôpital apporte une aide médico-chirurgicale mais aussi morale, socio-économique et juridique. Avec le réalisateur de son documentaire, M. Mukwege demande aussi la levée de l'embargo sur la liste des responsables de violences sexuelles massives, qui deviennent selon eux souvent généraux. Mardi, il va appeler les Etats à geler les avoirs de ces personnes..

Selon lui, le problème des violences sexuelles ne concerne pas uniquement la RDC ou une région, mais tous les Etats. Après sa précédente venue à Genève, il avait été l'objet d'une tentative d'assassinat. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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