23.09.2020 à 12:05

ClimatLes virus dans les lacs seront toujours plus difficiles à éliminer

Avec le réchauffement climatique et l’augmentation des longues vagues de chaleur, il deviendra plus difficile de lutter contre la prolifération des virus à la surface des lacs.

Des cyanobactéries ont causé la mort de plusieurs chiens cet été sur les rives du lac de Neuchâtel.

Des cyanobactéries ont causé la mort de plusieurs chiens cet été sur les rives du lac de Neuchâtel.

KEYSTONE

Les virus à la surface des lacs risquent de devenir plus difficiles à éliminer, selon une étude de l’EPFL publiée mercredi. Des virus pathogènes pourraient avoir la capacité d’évoluer pour résister à la température et à certains désinfectants. Avec le réchauffement climatique et l’augmentation des longues vagues de chaleur, il deviendra plus difficile de lutter contre leur prolifération.

Dans la nature, ces virus sont normalement rendus inoffensifs par la lumière du soleil et la température, ou par des bactéries présentes dans les eaux lacustres. Mais des chercheurs du Laboratoire de chimie environnementale (LCE) de l’EPFL ont découvert que les entérovirus humains causant des infections gastro-intestinales, des méningites ou encore des problèmes cardiaques, issus des selles et rejetés dans l’environnement par les eaux usées, peuvent développer une adaptation à la température de l’eau.

Résistance à la désinfection

Pour parvenir à ce résultat, l’équipe de recherche a créé quatre populations d’entérovirus humains en incubant des échantillons d’entérovirus dans des fioles d’eau de lac à 10 et 30 degrés, exposées ou non à la lumière du soleil. Elle a constaté que les virus ayant survécu dans l’eau chaude devenaient de plus en plus résistants à la température, contrairement à ceux incubés dans l’eau froide, explique en détail l’EPFL.

«Nous avons ensuite exposé les virus survivants à la chlorine, et constaté qu’ils étaient aussi devenus plus résistants à la désinfection aux produits chlorés. Cela veut dire que des virus capables de survivre sous de hautes températures seront aussi difficiles à tuer lors des processus de traitement des eaux», relève Tamar Kohn, responsable du Laboratoire et co-auteure de l’étude.

Conséquence de la mondialisation

Le déplacement des populations et des marchandises, comme les fruits et légumes potentiellement contaminés, inhérent à la mondialisation, ne fera que renforcer le risque que des virus résistants «voyagent» d’une région du monde à l’autre, souligne l’étude.

Un agent pathogène adapté à la chaleur des eaux d’un pays équatorial se retrouvant en Suisse aura ainsi de bonnes chances d’y survivre plus longtemps, car il résistera bien à la température locale. Le risque qu’il transmette une maladie, qu’elle soit bénigne ou très grave, comme la poliomyélite, sera donc plus élevé.

«L’autre implication de la découverte est que s’il fait plus chaud, nous pourrions avoir davantage de régions du monde où les virus ont cette caractéristique de persistance», ajoute encore Mme Kohn. Pas directement à cause du réchauffement climatique qui, même s’il atteint 3 degrés de plus, ne suffira pas à faire une différence, mais plutôt en conséquence des longues vagues de chaleur extrême, nuance-t-elle.

La prochaine étape pour l’équipe du LCE sera de mener des expériences sur le terrain pour valider les résultats de l’étude.

(ATS/NXP)

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7 commentaires
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NON à la loi LCR

24.09.2020 à 06:23

Non à 4000 place de parking supprimées ! Pensez aux personnes agées ou de mobilité réduite ! Pensez aux commercants ! Pensez à Genève !

Ah ah ah

23.09.2020 à 13:59

Je me réjouis déjà que la fonte des glaces en raison du réchauffement climatique libère des virus autrement plus dangereux et mortels que le coronavirus

timouton

23.09.2020 à 13:09

Et dire que certains niais croient que des avions de combat peuvent détruire ces microbes!