Tourisme: Les voyages last minute via une agence ont la cote
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TourismeLes voyages last minute via une agence ont la cote

Confrontés à l’incertitude des séjours à l’étranger en raison du coronavirus, les Suisses préfèrent jouer la sécurité.

par
Leila Hussein
La Fédération romande des consommateurs recommande aux touristes de ne pas réserver leurs vacances trop tôt, même si cela est moins avantageux financièrement.

La Fédération romande des consommateurs recommande aux touristes de ne pas réserver leurs vacances trop tôt, même si cela est moins avantageux financièrement.

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«J’ai réservé auprès d’une agence une semaine avant de partir», confie Charlotte, les pieds dans l’eau à Zanzibar, où la Genevoise est en vacances. Sa démarche est loin d’être un cas isolé. Face à l’incertitude liée à la situation sanitaire, exit la formule du «do it yourself» via les réservations en ligne. Pour plus de sécurité, les touristes ont davantage recours aux services de professionnels. «La crise a mis en évidence la plus-value de faire appel à des spécialistes. Cela évite aux clients de devoir entreprendre des démarches auprès de nombreux prestataires lors de changements, qui sont aujourd’hui quotidiens», observe Walter Kunz, directeur de la Fédération suisse du voyage (FSV). Malgré ce nouvel engouement pour les agences, leur situation reste néanmoins précaire, avec une activité qui atteint à peine 10% du volume habituel.

Le règne du last minute

Autre évolution des pratiques en cette période de pandémie: désormais, le last minute règne en maître. «On ne fait plus que ça ici, confirme Trinidad Alonso Unica, gérante de lagence de voyage Vacances et Loisirs, à Genève. Les gens viennent nous voir pour partir le lendemain.» Bien que souvent moins avantageux financièrement, le last minute reste l’option la plus fiable par les temps qui courent. Elle est notamment recommandée par la Fédération romande des consommateurs.

Cette tendance est plutôt bien accueillie par les acteurs de la branche. «On est clairement gagnant. On organise sur un court laps de temps et avec peu de risques de changement. Un séjour prévu à l’avance, lui, nous demande trois à quatre fois plus de boulot, avec beaucoup de travail finalement balayé par un nouvel imprévu. Avec le first minute, on est le dindon de la farce», conclut la responsable. Même son de cloche du côté d’Emile Germiquet, directeur de Mungo Park, spécialisé dans les voyages en Afrique. «L’organisation rapide se fait dans de bonnes conditions en ce moment. On a facilement accès à des lodges qu’il faut réserver un an à l’avance en temps normal.»

«Réapprendre à vivre avec le doute»

«Le coronavirus nous a replongés dans une situation d’imprévisibilité», analyse Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse. «Par le passé, l’incertitude était inhérente au voyage, notamment en raison des conditions météorologiques. Puis, nous avons connu une hypermobilité où la technologie a pris le dessus, nous faisant oublier les difficultés liées à un périple. Aujourd’hui, nous devons réapprendre à vivre avec le doute et à nouveau envisager le voyage comme une aventure.»

Un événement consacré aux voyages

Cette année, le Festival Histoire et Cité s’affranchit de la pandémie et se tourne vers l’ailleurs en choisissant le thème des «Voyages». Du 23 au 28 mars 2021, via un programme en ligne et en direct, il examinera comment la notion de voyage a évolué à travers les époques. Samedi 27 mars, une table ronde, animée par Bertrand Kiefer, abordera la question particulièrement actuelle du lien étroit entre voyage et maladie. L’événement est organisé par la Maison de l’histoire de l’Université de Genève, en collaboration avec l’Université de Lausanne, le Musée cantonal d’ar­chéologie et d’histoire et la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne.

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