Actualisé 14.12.2008 à 11:06

Conférence sur le climatLes yeux rivés sur Copenhague

Les yeux rivés sur Copenhague, fin 2009, la communauté internationale se prépare à douze mois de négociations ardues pour arracher un accord mondial sur le climat.

Beaucoup d'espoirs sont placés dans le président américain élu Barack Obama.

A plusieurs reprises lors de la conférence de Poznan qui s'est achevée samedi, les chefs d'Etat ont été appelés à s'investir dans un traité ambitieux au Danemark pour tenter d'enrayer le réchauffement en cours.

Le prochain président américain devra rejoindre au plus vite l'enceinte des négociations, dopée par l'accord des 27 pays de l'UE sur leur plan climat, et donner les premiers gages d'une coopération tant espérée.

Washington n'avancera pas seul

Le sénateur John Kerry, dépêché à Poznan par M. Obama, a cependant tenu à rappeler que Washington n'avancerait pas seul. «Il est vital que les dirigeants américains et européens mais aussi ceux de la Chine, de l'Inde, de la Corée (du sud) et du Japon, indiquent clairement à leurs négociateurs et aux populations: c'est là que je veux aller.»

Dans le futur traité de Copenhague, qui portera sur la période post-2012, pays industrialisés et en développement sont invités à coopérer, chacun prenant des engagements à sa mesure: réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre pour les premiers, limitation de la hausse pour les seconds.

L'ensemble des Etats devront avoir formulé leurs objectifs chiffrés d'ici le mois de mars et disposeront d'un texte de négociation en juin.

Pierre d'achoppement

L'administration Bush a refusé jusqu'ici de s'engager sur des réductions chiffrées et n'a pas ratifié le protocole de Kyoto (période 2008-2012), à l'inverse de l'ensemble des autres pays industrialisés.

Quant à la Chine, le chef de sa délégation à Poznan a regretté «le manque d'engagement politique» de la part des pays développés. «Les pays en développement ont mis beaucoup de propositions sur la table, mais on a vu un manque d'enthousiasme de la part des pays industrialisés, même à apporter un début de réponse», a affirmé Su Wei.

La question du financement risque de constituer une pierre d'achoppement dans les 12 mois à venir. «Soyons honnêtes: trouver un accord à Copenhague reviendra, dans une large mesure, à entraîner les pays en développement et c'est largement lié à la capacité de mobilier des ressources (financières)», a reconnu le patron climat de l'ONU, Yvo de Boer.

Un fonds très modeste

La conférence de Poznan n'a ainsi accouché que d'un très modeste fonds d'aide aux pays pauvres menacés par les conséquences du réchauffement.

Il n'est doté pour l'instant que de 80 millions de dollars, alors que, selon l'ONU, plusieurs dizaines de milliards seront nécessaires d'ici 2030 pour lutter contre les inondations, la sécheresse ou la montée du niveau des mers.

«Nous sommes terriblement tristes et déçus», a lancé le ministre colombien de l'Environnement, Juan Lozano. Son homologue indien, Prodipto Gosh, a lui parlé de «l'un des moments les plus tristes» des négociations auxquelles il participe depuis 12 ans. Les ONG, de Greenpeace à Oxfam en passant par le WWF, ont également exprimé leur déception.

La mise en garde de Leuenberger

La crise qui frappe de plein fouet l'économie mondiale complique encore l'équation. 2009 constituera un test grandeur nature pour savoir si l'argumentaire sur la révolution verte, source de croissance et d'emplois, peut dépasser le stade des incantations.

Présent à Poznan, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a appelé à ne pas commettre l'erreur de repousser les investissements dans la protection du climat en raison de la crise financière. «Ce serait désastreux et fondamentalement faux», a-t-il mis en garde.

La conférence de Copenhague aura lieu du 7 au 18 décembre 2009.

(ats)

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