Sommet Biden-Poutine - Plus de 3000 policiers et soldats seront déployés
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Sommet Biden-PoutinePlus de 3000 policiers et soldats seront déployés

Les forces de l’ordre ont dévoilé l’important dispositif pour assurer la sécurité de la rencontre des présidents américain et russe, la semaine prochaine. Le trafic sera très perturbé.

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mpo/dra
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Intenses préparatifs pour la rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine, près du parc La Grange, le 8 juin 2021 à Genève. La police escorte un convoi militaire. 

Intenses préparatifs pour la rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine, près du parc La Grange, le 8 juin 2021 à Genève. La police escorte un convoi militaire.

Laurent Guiraud/ Tamedia
Police cantonale de Genève
Police cantonale de Genève

«Le travail de la police genevoise est titanesque. Le dispositif mis en place est gigantesque», a affirmé vendredi après-midi Stéphane Theimer, vice-directeur de Fedpol et chef du service de la sécurité, lors d’une conférence de presse au parc La Grange. La semaine prochaine, pour assurer la sécurité de la rencontre Biden-Poutine du 16 juin, ce sont plus de 2000 policiers et 1000 soldats qui vont être déployés au bout du lac, sur terre, sur l’eau et dans les airs.

La colonelle Monica Bonfanti, commandante de la police cantonale genevoise, a précisé que ses troupes allaient bénéficier de l’appui de 900 agents venus en renfort des autres cantons. «En 1985, pour la rencontre Reagan-Gorbatchev, ils étaient 400», a-t-elle comparé. Si elle s’est dite confiante, elle a relevé le court laps de temps - un peu plus de deux semaines - pour mettre en place un dispositif de sécurité complexe. «Cela ne serait pas possible sans l’appui de nos partenaires, la Fedpol et l’armée.» La police française est également partie prenante des opérations.

Sécurité multisites complexe

Outre des délais serrés compte tenu de l’envergure de cette rencontre, les forces de l’ordre, qui coordonneront les autres corps excepté l’armée de l’air, devront également faire face à une situation complexe. Trente hectares sur plusieurs sites devront être sécurisés sur les deux rives: l’aéroport, l’hôtel Intercontinental et les parcs des Eaux-Vives et La Grange. L’écrin de verdure qui accueillera les discussions compte une multitude d’accès et plusieurs pénétrantes à proximité.

Il faudra également assurer les déplacements des deux chefs d’Etat et de leurs délégations à travers le canton. «Des escortes de cette ampleur, les agents de police ne les connaissent en général qu’à travers les manuels de théorie», a imagé Monica Bonfanti, racontant avoir suivi la rencontre Reagan-Gorbatchev depuis Bellinzone où elle était au collège. «Pour assurer la sécurité de nos hôtes, la police genevoise va adopter des standards internationaux», a-t-elle relevé.

Minimiser l’impact

La commandante a insisté sur l’équilibre à trouver entre les impératifs de sécurité liés à la rencontre, chaque délégation devrait compter 600 à 800 membres alors que 3000 journalistes sont attendus, et celle des habitants. «Le dispositif de sécurité a été négocié avec les services des deux pays, a admis Monica Bonfanti. Nous ne souhaitions pas déployer des moyens de sécurité trop ostensibles.» La police genevoise a aussi fait en sorte de minimiser l’impact du sommet sur le quotidien des habitants, quand bien même il sera important. «Nous demandons à la population de ne pas se déplacer», a insisté François Waridel, chef des opérations de la police cantonale qui prévoit d’importantes perturbations de circulation. «Il est probable que certaines douanes ou routes seront fermées un court laps de temps lorsque les avions des chefs d’Etat arriveront», a-t-il prévenu.

Un accomplissement pour les miliciens

Les forces armées suisses sont également mises à contribution sous les ordres de la police genevoise. Elles assureront un soutien logistique, terrestre, lacustre et aérien. «L’armée sera notamment déployée à l’aéroport et auprès des missions diplomatiques», a expliqué le divisionnaire Yvon Langel. Il a assuré que l’armée suisse «avait pu rapidement monter en puissance et était prête, parce qu’elle s’entraîne régulièrement pour ces opérations». L’officier a relevé que pour les miliciens appelés à servir la semaine prochaine, il s’agissait d’un «accomplissement». «C’est une opportunité de montrer de quoi nous sommes capables».

Son collègue, le colonel Pierre-Yves Eberlé, le chef de la centrale des opérations des forces aériennes a, quant à lui, expliqué que sa mission consisterait à assurer la sécurité de l’espace aérien sur 50 km et jusqu’à 6000 m d’altitude. Il s’est voulu rassurant, il n’y aura pas de jets volant en rase-mottes au-dessus de Genève. Si vous entendez un avions de chasse à basse altitude, c’est qu’il y a un problème, une intervention en cours.»

Risques élevés de terrorisme

Ce déploiement majeur de forces de sécurité vise à prévenir des menaces particulières liées «à la forte médiatisation de cette rencontre historique, puisque la dernière rencontre de chefs d’Etat américain et russe date de 2018», a souligné Stéphane Theimer. Plus généralement, le chef du Service fédéral de sécurité a relevé que le risque terroriste restait élevé en Europe et en Suisse. Tant la police que l’armée et Fedpol se disent sereins à quelques jours du sommet qui devrait placer Genève au centre de l’intérêt médiatique international.

Zones d’exclusion

En marge de la conférence de presse, la police cantonale a diffusé vendredi le détail des restrictions qui seront mises en place en début de semaine prochaine (cf. diaporama ci-dessus). En plus des zones de restrictions autour de la rade, dévoilées mercredi par le Conseil d’Etat, un autre secteur sera fermé autour de l’Hôtel Intercontinental, au Petit-Saconnex: et ce, du 15 juin à 6h au 17 juin à 6h. La police invite la population à «limiter ses déplacements, privilégier le télétravail, à ne pas utiliser ses véhicules privés, sauf impératifs, et à emprunter les transports publics». Une ligne Info Police sera ouverte pour répondre aux questions en lien avec la mobilité. Elle sera active du lundi 14 au mercredi 16 juin 2021, de 9h à 17h, au numéro suivant: 0800 902 456

TPG perturbés

Les zones d'exclusion auront évidemment un impact sur l'ensemble du réseau des Transports publics genevois (TPG). Ceux-ci prévoient «de fortes perturbations en marge du sommet». Et ce, dès lundi 14 juin. L'offre sera maintenue en quasi totalité, mais il y aura des changements de parcours, des retards, voire quelques suppressions de courses, prévient la régie. Elle devra en effet gérer une partie de ses flux «en direct», en raison de situations imprévisibles inhérentes à ces sommets diplomatiques. Par mesure de sécurité, l'heure et le parcours des convois présidentiels ne seront ainsi connus qu'au dernier moment.

Dès le 14 juin, toutes les lignes qui circulent à proximité de lieux qui feront l’objet d’une activité intensifiée seront concernées (Genève Aéroport, place des Nations, gare Cornavin et le quartier des Eaux-Vives). «Le Léman Express s’annonce comme une alternative possible», indiquent les TPG. Ils conseillent aux usagers de consulter régulièrement l'application mobile tpgPreview, leur site internet www.tpg.ch et les bornes disposées aux arrêts. Un numéro gratuit sera en place dès lundi: 0800 858 900.

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